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Jeudi 22 novembre 2007

Texte écrit par  Yves DONSIMONI Vice-président de L'ANACR (Amis de la Résistance) de la Haute-Corse ,Altermondialiste, membre de la  coordination corse de la Gauche Alternative  1871.jpg

A l'approche de la réunion importante de Paris de notre coordination nationale des collectifs antilibéraux de la Gauche Alternative, et au moment ou le pays connaît légitimement un développement des luttes , il est de nôtre devoir d'oxygéner au plus tôt notre démarche, grâce à notre rassemblement militant autonome et au contenu des perspectives. Il est très important de démarquer rapidement "la Gauche Alternative" dans le paysage politique français. Il faut que nous apparaissions comme à la fois le résultat de l'analyse lucide que nous osons faire de la confusion politique de la dite gauche traditionnelle (PS-PC-VERTS), et syndicale actuelle du mouvement social, voulue et entretenue à dessein pour favoriser sans doute un statut-quo libéral qui ne peut en aucunes façons nous satisfaire. Cela de plus lié en grande partie à l'échec Historique des expériences passées des partis et organisations léninistes (URSS-ESPAGNE), et qui même confronté à des aspirations alternatives n'arrive pas à dépasser leurs pratiques auto-aliénantes, stérilisantes et sans lendemain: (voir leurs dernières participations aux collectif national pour la préparation des présidentielles de 2007).
 - Changer la donne, tout en maintenant ferme le message réactualisé de Justice sociale et de solidarité, de nos acquis sociaux, qu'incarne à la fois les fondamentaux de la République et les valeurs combattantes de la Résistance, inscrites dans le programme du C.N.R. Le président Sarkozy n'ayant point démenti les propos digne d'un pétainiste de Denis Kessler, se trouve à n'en pas douter sur un projet non de réhabilitation des idéaux de la Résistance, mais tout au contraire à un véritable démantèlement offensif du caractère social de la République, ou du moins de ce qu'il en reste. Il est pour cela fondamental de reprendre rapidement l'offensive et de se démarquer politiquement de tous ces gâchis sociaux-démocrates et staliniens, qui n'ont fait que retarder l'avènement d'un grand rassemblement du mouvement altermondialiste d'avec le mouvement social français et au-delà européen.


 - A cet effet je vous fais part d'un texte écrit en 2004, et qui je pense, dans cette période de forte régression sociale conserve toute son actualité urgente.


 - De plus en ce qui concerne l'appellation de notre mouvement : le caractère à la fois Historique et Offensif doit prévaloir, il serait de bon ton de rendre nous aussi et à notre façon hommage à tous ceux qui aujourd'hui encore osent prétendre que "résister c'est créer, créer c'est résister".   Je propose pour  notre coordination antilibérale  de la Gauche Alternative : COLLECTIF NATIONAL DES COMITES DEPARTEMENTAUX  DE LIBERATION SOCIALE DE LA GAUCHE ALTERNATIVE.

 

POUR UN FRONT SOCIAL COMMUN
REPUBLICAIN ET CITOYEN


( La liberté de tous étant de la responsabilité de chacun ainsi que la liberté de chacun étant de la responsabilité de tous, je viens ici approfondir notre démarche à nous tous, de recherche de l’alternative urgente et nécessaire à créer. Je dédie ce texte à la mémoire de Carlo Giuliani et de tous les participants au contre sommet du G8 à Gênes en juillet 2OO1, ainsi qu’à tous les participants du premier FSE de novembre 2OO2 à Florence. J’exprime enfin mon souvenir émue à tous les combattants du mouvement libertaire ainsi qu’à tous les écrivains qui ont fait notre histoire commune et ce jusqu’à nos jours.)

L’esprit civique et républicain c’est le contraire de la soumission. Le devoir citoyen impose à tout un chacun de respecter et de faire respecter les valeurs de la République.
La démocratie c’est le contrôle citoyen en commun du commun.

Lorsque Antonio Negri cherche à définir la question essentielle qui à mon avis devrait prévaloir dans le mouvement altermondialiste et dans les différents mouvements sociaux Européens? à savoir : comment définir le Pouvoir du commun, comment définir tous ensemble le Pouvoir en commun ? Je pense qu’il faut regarder et comprendre, dans les mots d’ordre principaux du mouvement altermondialiste, que sont : « pour le contrôle citoyen », et « dans la démocratie participative », il nous faut regarder à l’intérieur de ces slogans, historiquement d’où ils viennent, comment ils existent aujourd’hui et ce par quoi ils vont exister demain. Sans nul doute que le mouvement de l’Histoire accordera dans un avenir assez proche la reconnaissance dans la lutte de ses slogans. C’est à dire qu’il y aura de fait une prise en compte réel dans une très large participation démocratique des masses de ce contrôle citoyen en commun du commun. L’on verra se réapproprier à la fois les services publics et le secteur privé, l’on verra certainement se déterminer la nécessité de socialiser, principalement dans le secteur de la grande distribution, l’ensemble des centrales d’achats et de distribution, pour tout ce qui concerne les produits de première nécessité aux consommateurs.
Donc la question que l’on doit se poser aujourd’hui, réside dans le fait de comment aborder tous ensemble le processus de rupture et comment débuter enfin la construction de l’alternative ? Tout cela bien entendu dans la lutte continue et permanente qui doit se mener. Ce ne sera toujours qu’ partir de mouvements de lutte permanents que nous progresserons. L’on se doit de considérer tout comme le philosophe Kant : « ?que la liberté ne peut mûrir qu’au sein de la liberté, il faut être libre, il faut que le sujet soit libre afin de pouvoir user comme il convient de ses facultés dans la liberté ». A l’inverse, à contrario effectivement, nous nous trouvons dans une situation où le système libéral place l’individu dans une aliénation telle que les dérives aliénantes se succèdent les unes aux autres. Il faut absolument que de cette conscience primaire actuelle émerge une conscience critique, grâce à une propagande militante de chaque instant, grâce au travail d’éducation que délivre le mouvement altermondialiste. Nous devons considérer ce travail comme l?a appelé Paulo Freire « de conscientisation », absolument nécessaire si on veut inverser le cours de l’Histoire et créer ainsi un autre monde possible.
Il n’est guère surprenant en ce mois de septembre 2OO4, de constater qu’au cours de cette année, les relents de racisme et de xénophobie à travers l’Europe ressurgissent, et les politiques de remise en cause de tous les acquis sociaux, principalement ceux de 1936 et de la fin de la seconde guerre mondiale se développent. La globalisation libérale avec son système autoritaire galopant qui se met en place, nous fait revenir à des périodes de l’Histoire déjà connus, il s’agit donc manifestement d’un retour en arrière.

La démocratie nous commande d’agir? la démocratie ce sera toujours l’action permanente pour le travail et la justice sociale , et pour construire une citoyenneté réelle? la démocratie citoyenne étant une démocratie active. Le civisme républicain c’est bien la démocratie en action , et c’est tout à la fois la défense continue et permanente de l’intérêt général et des valeurs de la République dans une démocratie participative, c’est à dire du plus grand nombre possible de citoyens. Seul le contrôle citoyen commun, la démocratie participative donc, apportera dans cette démocratie active et citoyenne, le respect des valeurs de la République à nous tous et s’imposera de fait comme étant réellement partagée et accepter par l’ensemble des consciences critiques de la société civile.

Dans le contexte présent il est important que l’ensemble des mouvements qui composent le mouvement altermondialiste, poursuive une stratégie de recherche de la rupture avec le système libéral, avant que des tendances à la normalisation ou à l’intégration ne l’emporte. La lutte qui est mené doit connaître son aboutissement naturel et humain, il est primordial pour cela également que l’efficacité de cette lutte contre l’aliénation se situe dans un contexte de luttes anti-autoritaire. Le mouvement altermondialiste est de fait le groupe historique qui pense et agit en terme universel et qui est donc capable de mener cette lutte contre la globalisation libérale destructrice et pour un autre monde. Une fois enclencher le processus de rupture qui réconciliera l’homme et le citoyen, le public et le privé, l’universel affranchissement mettra fin à l’aliénation des peuples.
Si, effectivement, l’on peut dire avec François Houtart, Directeur du Centre Tricontinental, « que la logique libérale repose sur la triple destruction systématique, celle de l’être humain, celle des peuples et celle de la nature », il nous faut avec lui considérer que le mouvement altermondialiste se doit de remplir des objectifs clairement exprimés et « qu’il nous faut aujourd’hui penser les termes d’un système social qui sera fondé sur l’égalité, la solidarité, et l’universalisme » ; car nous croyons tous profondément qu’il n’y à pas d’avenir, (no futur !), qu’il n’y à pas d’issue au Libéralisme, et que l’égoïsme des oppresseurs conduit toujours à l’aliénation des peuples.
La lutte organisée ou spontanée qui doit affranchir les masses « des structures de répression », se doit d’être solidaire et partagée, ce qui implique, que parfois des actions minoritaires positives peuvent être menées et assumées ensuite par les masses comme étant des actions révolutionnaires, qui transformera ainsi le mouvement en communauté humaine fraternelle.
Tout comme l’appel « historique » du 8 mars 2OO4, des résistants, dont les époux Aubrac et Daniel Cordier qui fut le secrétaire de Jean Moulin, et qui en appelle « à dépasser les enjeux sectoriels et à définir une nouvelle résistance »,
Il nous faut prendre comme initiative majeure de revenir aux origines réelles de la lutte et de ses acquis, si effectivement l’on veut parvenir à une solution alternative à ce système. Ce que je crois, c’est que si les résistants aujourd’hui en 2OO4, ont su revenir au programme du C.N.R. élaboré alors en 1943, forts de cet exemple, peut-être faudrait-il aussi que le mouvement syndical revienne en ces moments d’intense régression sociale, aux origines du syndicalisme, pour concevoir et développer les actions qui remettront réellement en cause ce système dominant, ce système libéral autoritaire, ce système qui n’ose pas à remettre en cause tous les acquis de nos luttes historiques, jusqu’à vouloir modifier toujours plus « le code du travail ». Je veux parler en ce qui concerne, revenir aux origines, bien entendu de la charte d’Amiens élaborée par la CGT en 1906 et aussi par la charte de Lyon en 1926 où la CGT déclarait alors? « en présence de l’instabilité politique et financière de l’Etat français qui peut à tout instant provoquer une crise de régime et par conséquent poser la question d’un ordre social nouveau par les voies révolutionnaires. Le congrès en même temps qu’il se refuse à donner au capitalisme les moyens de rééquilibrer, déclare que le syndicalisme doit tirer de cette situation catastrophique le maximum de résultats pour l’affranchissement des travailleurs. L’ordre social reposera sur l’organisation de la production, de l’échange et de la répartition dont le fonctionnement sera assuré par le jeu des rouages syndicaux à tous les degrés. C’est seulement à cette condition que les soubresauts révolutionnaires des peuples jusqu’ici utilisés et dirigés par les partis politiques permettront enfin d’apporter un changement notable dans l’ordre économique et social ainsi que l’exige le développement des sociétés modernes. Le congrès constate la profonde nouveauté des événements qui se préparent et rend inutiles et impossibles les transformations politiques partielles. J’enregistre aussi que le fascisme, nouvelle doctrine du gouvernement des puissances d’argent, qui commande à tout le système capitaliste, pose lui-même à ce problème social sous le même angle économique et entend d’utiliser le syndicalisme en l’adaptant à ses vues particulières pour réaliser ses dessins. Le syndicat aujourd’hui, groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de répartition ,base de la réorganisation sociale. Le congrès affirme que le syndicalisme expression naturelle et concrète du mouvement des producteurs contient à l’état latent et organique toutes les activités d’exécution et de direction capable d’assurer la vie nouvelle. Le syndicalisme doit dès maintenant remanier son organisation?, compléter ses organes, les adapter aux nécessités comme le capitalisme lui-même, et se préparer à agir demain en administrant en administrateur et en gestionnaire éclairé de la production, de la répartition et de l’échange. » Tout cela a été déclaré au congrès de la C.G.T. les 1er et 2 novembre 1926, appelé alors « charte de Lyon ». L?’article 2 constitutif de la G.G.T. de 1906 (Charte d’Amiens) précisait alors « l’œuvre du syndicalisme prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste. Il préconise comme moyens d’actions la grève générale et il considère que le syndicat aujourd’hui groupement de résistance sera dans l’avenir le groupe de production et de répartition qui est la base de la réorganisation sociale. »
A la lecture de ces éléments historiques on peut comprendre et s’apercevoir qu’ils n’ont rien perdu de leurs réalités, dans la nécessité de les voir s’appliquer aujourd’hui. C’est à dire que lorsque nous préconisons le « contrôle citoyen commun », effectivement il s’agit bien entendu d’un contrôle social commun, à la fois des entreprises privés comme du secteur public, afin toujours de promouvoir dans la justice sociale, la défense de l’intérêt général et un avenir économique et social, souverain pour tous les citoyens.
Nous avons donc de fait une situation ou sera élaborée une organisation générale de la société civile émancipée.C’est-à-dire ou tous les moyens de production et de répartition seront aux mains effective des citoyens. Cette démocratie participative, citoyenne, participative, directe et hautement démocratique fera en sorte que tout un chacun puisse trouver son juste dû dans la société. Nul doute que tout le secteur productif aura à participer à la gestion économique et sociale des centrales d’achats et de distribution et de défendre ainsi au mieux leur force de travail. Le lien essentiel que représente les centrales d’achats et de distribution, d’avec les consommateurs, assurera à l’ensemble des entreprises productives un écoulement sur les territoires nationaux et internationaux ; de la façon la plus adapté qui soit, dans un souci de défense, à la fois de l’outil de travail, du citoyen-producteur et du citoyen consommateur.

Les centrales d’achats et de distribution, les compagnies pétrolières, l’ensemble des groupes privés, tout secteur confondu, spéculant sans cesse sur l’ensemble des citoyens-travailleurs-consommateurs que nous sommes, sont bien ces « centres de l’autorité impériale »,que décrivent Antonio NEGRI et Michael HARDT, dans leur livre .


En ce qui concerne les frais de fonctionnement des entreprises de répartition, ils seront calculés sur la base minimum qui devra assurer leurs fonctionnements. Il n’est pas question de retenir l’aspect spéculatif dans les nouvelles pratiques de la démocratie citoyenne participative du contrôle social citoyen commun de demain. Ainsi nous pourrons assister à un relèvement général des prix payés aux producteurs, et à un abaissement généralisé des prix à la consommation. Nous verrons également les salaires des employés être relevés, ainsi que ceux des salariés routiers, qui participent à l’écoulement des marchandises. L’ensemble des acteurs de ces rouages économiques essentiels seront donc rémunérés à leurs juste niveau.
L’on pourra remarquer que le montant exorbitant des marges spéculatives enregistrées alors dans le système libéral, ne représente pas, loin s’en faut, la totalité de ce qui sera accordé par la démocratie citoyenne de répartition, à l’ensemble des acteurs économiques de ce rouage essentiel. C’est à une véritable transformation profonde de la société que nous assisterons alors. Bien entendu, la lutte solidaire et permanente assurera la viabilité de cette vie nouvelle. La conviction positive forte que la démocratie, que la citoyenneté c’est la réciprocité dans la répartition approfondira le maintien et la poursuite de la lutte.
Actuellement, il nous faut constater, que la rébellion qui s’approfondit et qui se justifie chaque jour un peu plus, de la part de nous autres militants, devant le spectacle forcément égoiste de la plupart des individus, vivant sous le système libéral, nous conduit tout naturellement à la recherche de l’unité la plus large possible et qui dépassera le cadre d’un Front-Uni syndical, pour aborder alors la construction d’un véritable Front Social Commun Républicain et Citoyen.
Grâce entre autre, à la commémoration du 6Oième anniversaire du programme du C.N.R., à l’initiative de l’association ATTAC, au printemps 2004, grâce aussi, à l’appel « historique » des résistants du 8 mars 2OO4, « qui en appelle à dépasser les enjeux sectoriels et à définir un nouveau programme de résistance », les militants du mouvement altermondialiste, les militants des mouvements sociaux, les militants à titre individuels ou organisés, par partis, associations, syndicats et mouvements, peuvent rejoindre l’association des Amis de la Résistance, qui est à la fois un pôle de convergence neutre et hautement symbolique ancré dans l’Histoire à la fois des valeurs libératrices de la République et des valeurs de l’Esprit de la Résistance. Cette association peut avoir l’avantage de permettre cette convergence militante pour créer ce Front Social Commun Républicain et Citoyen.
Au regard de l’Histoire et des luttes passées et présente, j’invite dans leurs grandes consciences intérieure et dans un souci de responsabilité majeurs envers les générations à venir, l’ensemble des militants, à comprendre , à travers l’exemple de l’électrochoc qu’a représenter alors la dernière élection présidentielle, où l’on a vu dès le 1er tour Lionel Jospin être évincé par le candidat de l’extrême-droite. L’on a vu alors descendre dans la rue des millions de citoyens à travers tout le pays, lors de la fête des travailleurs le 1er mai, de comprendre effectivement que si demain le processus de rupture voit le jour, il se produira sur la base de la défense des principes républicains qui se veulent libérateurs et non-oppressifs.
Face à cette société libérale de déliquescence continue, l’Esprit de la résistance doit être partagé par l’ensemble des citoyens en ces moments historiques, cruciaux, que nous connaissons, pour notre avenir à tous et pour une gestion saine et généreuse de ce que Jean Jaurès appelait « notre Patrie Humaine ».
Nous nous trouvons dans une situation économique et sociale où face aux délocalisations, face à la précarité grandissante du plus grand nombre, face à l’autoritarisme croissant du système libéral, face à toutes les déconvenues historiques par rapport aux acquis sociaux, face également au référendum annoncé pour l’année 2OO5 concernant la constitution globale libérale européenne, qui doit nous engager pour plusieurs décennies? Face à tout cela, il nous faut frapper tous ensemble un grand coup, pour le triomphe du contrôle citoyen commun, pour la justice sociale dans la solidarité, pour la défense de l’intérêt général, pour enfin ce contrôle social commun de l’ensemble de nos entreprises. Oui à la gestion citoyenne et participative avec le concours des associations, syndicats, des travailleurs productifs, des salariés, des consommateurs, de l’ensemble des « centres névralgiques de l’autorité impériale ».
Le Front Social Commun Républicain et Citoyen, sera le fer de lance de ce mouvement historique de réappropriation citoyenne de nos vies, dans un élan rassemblé pour à la fois conduire le processus de rupture et de construction de l’alternative. Ce ne sera qu’à partir de notre volonté créatrice que ce contre-pouvoir majeur sera de fait reconnu par l’ensemble des peuples en lutte. Ainsi le mouvement altermondialiste avec le concours des différents mouvements sociaux, grâce à ce Front Commun, pourra participer à l’organisation de l’auto-direction économique et sociale de l’ensemble des nations en lutte.
L’actualité aujourd’hui démontre une fois de plus, avec la spéculation qui sévit actuellement sur les cours du pétrole, que l’ensemble des forces productives, agriculteurs, marins-pêcheurs, mais aussi l’ensemble des salariés-consommateurs, des routiers, tous nous devons comprendre de l’urgence et de la nécessité qui tôt ou tard nous incombera, de nous occuper enfin de la gestion citoyenne de ces compagnies, de ces groupes et de ces centrales de distribution, qui de fait représente une « collectivisation privée », par la finance, de l’ensemble de ces rouages économiques essentiels au détriment de la collectivité humaine et de l’intérêt général.
Les balbutiements qu’on représentés les blocus par plus de 15 OOO agriculteurs en novembre 2OO2 de 77 plate-formes de centrales d?achats et de distribution sur un total de plus de 4OO plate-formes,, mais aussi le blocus des dépôts des compagnies pétrolières durant l’année 2OOO, puis de nouveau aujourd’hui en octobre 2OO4, nous met face à nos responsabilités de mouvements émancipateurs, et doit conduire le mouvement altermondialiste et les différents mouvements sociaux à investir au plus tôt, tous ces pôles capitalistes, qui ne représente que de la spéculation, qui génère de la précarité et qui de plus compromet notre avenir commun. Sachons intervenir et démontrer ainsi qu’il n’y a pas de fatalité et que rien ne peut s’imposer à l’être humain qui ne soit conforme à la volonté de chacun et de tous.
Qui a décidé que ces groupes privés minoritaires doivent dominer à l’infini et prévaloir sur l’intérêt général ? Est-ce que cette dictature des marchés, est-ce que cette dictature financière doit être pour toujours accepter par les travailleurs-consommateurs ? Est-ce que nous devons accepter que la spéculation détruisent sans cesse les forces productives, accentuant la désertification des campagnes et la perte de nos produits du terroir ? Est-ce que nous devons accepter l’augmentation de la précarité et ses conséquences sur une vie harmonieuse en société que souhaitent les citoyens ? Est-ce que nous devons accepter cette part croissante de spéculation des marges de la grande distribution, sur les produits de grande consommation, et qui conduisent à tout ce chaos social ?
Nul doute que tous ces gens qui sont à la direction de ces groupes financiers, n’ont rien de commun, ni de près ni de loin, avec les valeurs de l’Esprit de la Résistance et les valeurs de la République. Nous les considérons à juste titre comme des hors-la-loi de la République, démocratique et citoyenne que nous concevons. Ce ne sont que des vulgaires spéculateurs-rackecteurs, criminels envers la société civile toute entière. Leur temps est dorénavant compté, car le moment approche où ils devront, face au peuple souverain, dans sa multitude émancipée, abandonner leurs pratiques libérales destructrices.

Que tout un chacun se prépare, de la meilleure des façons qu’il peut, que ce soit sur son lieu de travail, dans son quartier, dans sa famille, dans sa région et au-delà, qu’il se prépare à assumer totalement, dans un esprit de solidarité et de fraternité, la rupture urgente et nécessaire d’avec le libéralisme et dans un même élan, la construction de l’alternative. Seule une conviction positive, déterminée, assumée, de l’inéluctabilité de cette démarche historique, par les peuples en lutte, à laquelle nous serons confrontés tôt ou tard, assurera notre réussite. Apparemment, au vu de l’intensification négative des développements économiques et sociaux auxquels nous sommes tous confrontés, avec de plus et de façon logique un autoritarisme croissant du système libéral? il faut croire que les bouleversements sociaux se dérouleront plutôt dans le court et moyen terme?  Soyons donc responsable et préparons-nous à cette échéance Historique tant attendue.
Que tous les salariés des entreprises délocalisées ou qui s’apprête à l’êtres, ne perdent pas espoir et réfléchisse au lien nouveau qui existera demain avec leur participation à la gestion économique commune dans les centrales d’achats et de répartition, de leurs productions avec les consommateurs .
Qu’ils pensent tous et qu’ils n’oublient pas, le combat qu’on mené les LIP de Besançon pendant trois ans, et qui si malheureusement n’ont pu réussir dans les années soixante dix, c’est tout simplement dû au fait que ce lien avec le consommateur n’existait pas, les ventes s’organiser alors au départ même de l’usine et ce n’était quasiment que du porte-à-porte ! Le lien économique fondamental que représente la centrale d’achat et de distribution, aux mains effective des travailleurs- producteurs-consommateurs, fera réussir le contrôle social citoyen commun de l’ensemble des entreprises, réparties sur tout le territoire national et en collaboration étroite et solidaire avec les nations émancipées. Il s’agit ni plus ni moins d’une socialisation de tous les secteurs- clé du système libéral. La lutte seule, solidaire et permanente, apportera les réponses aux conditions de la pleine réussite de ce vaste mouvement social.
Que notre jeunesse et que les générations à venir, ne soient point condamner, grâce à notre audace, notre ferveur et notre générosité, à errer sans fin avec toujours plus de précarité, dans les « labyrinthes » du libéralisme destructeur.
En guise de conclusion, je terminerais ici en empruntant les prémisses d’Engels, dans « Théorie de la violence » : « ? A une étape déterminée, la production humaine s’élève donc à un certain niveau grâce auquel, non seulement elle répond aux nécessités de la vie, mais encore elle fabrique des produits de luxe qui sont, il est vrai, dans une première phase, réservés à quelques privilégiés. La lutte pour l’existence, si nous convenons d’accorder provisoirement une certaine portée à cette notion, se change donc en un combat pour d’autres avantages. Il ne s’agit plus seulement des moyens de survivre, mais des moyens de progresser et des moyens de vivre en société. La production, au stade du capitalisme, fait apparaître aujourd’hui beaucoup plus de moyens d’existence et de progrès que la société capitaliste ne parvient à en consommer? parce qu’elle en interdit arbitrairement l’accès à l’immense majorité des producteurs réels. Cette société est contrainte pour exister, d’accroître sans cesse une production déjà supérieure à sa capacité d’absorption. S’il lui faut, au cours de crises périodiques, détruire tous les dix ans une grande quantité de produits et avec eux de forces productives, que reste-t-il alors des grandes phrases sur la lutte pour l’existence ? La seule forme sous laquelle peut alors exister la lutte pour la vie est celle-ci : la classe des producteurs arrache à la classe dominante la responsabilité qu’elle n’est plus capable d’assurer, c’est-à-dire le contrôle de la production et de la répartition. Voilà justement ce qu’est la Révolution Socialiste. »

texte écrit Le 18 Octobre 2OO4
Yves DONSIMONI

 

 

Par erasmo - Publié dans : assises régionales
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