Dimanche 17 mai 2009

Un texte de Dominique TADDEI, économiste, altermondialiste que vous pouvez retrouver sur Alternatives Economiques.
La nouvelle dépression nécessite une stratégie mondiale de transformation

 

Les termes de récession et de crise ne suffisent plus. Ils sont évidemment exacts, mais sont devenus insuffisants pour caractériser la situation mondiale : la profondeur et la durée du recul général de l’activité économique et de l’emploi obligent à dépasser ces termes passe-partout que les professionnels de l’optimisme ont eu pourtant, par aveuglement ou par devoir, tellement de mal à accepter, il y a à peine quelques trimestres. A vrai dire, il suffit de lire les 320 pages du dernier rapport du FMI d’avril dernier, au demeurant d’un niveau d’intelligence et de documentation remarquables, pour se persuader que personne ne connaît rien de la suite des évènements, au-delà des prochains 18 mois, qui seront au moins aussi mauvais qu’annoncés : la rapidité de la contraction ; la concrétisation du risque de déflation des prix et des salaires ; la durée de la chute actuelle et son ampleur finale ; et encore plus, le retour à une complètement hypothétique reprise durable de l’activité. Tout au plus, deux évidences s’imposent à tous : d’abord, quand une crise est non seulement économique, mais aussi financière, il est beaucoup plus difficile et long pour en sortir ; ensuite, quand une contraction survient simultanément dans l’ensemble du monde, on ne peut évidemment pas en sortir par la reprise des autres pays et, à nouveau, ceci rend toute reprise plus difficile et plus lente que si les évolutions entre continents et entre nations sont simplement décalées dans le temps, comme c’est le cas, lors de la plupart des ralentissements cycliques. Pour faire image, on sait ainsi que nous ne connaîtrons pas une reprise en V (rebond aussi fort que la chute), mais au mieux en U (reprise lente et progressive) ; si nous avons provisoirement des éléments de reprise en W (reprise provisoire suivie d’une rechute), cela ne fera sans doute que masquer provisoirement un processus plus long en L, où toute reprise durable est renvoyée à l’avenir, aujourd’hui imprédictible, de la mise en œuvre d’un nouveau paradigme et d’un nouveau système. En réalité, on ne dispose d’aucun élément sérieux de prévision économique au-delà des deux ou trois prochains trimestres (qui seront plutôt pires qu’annoncés, comme ils l’ont toujours été depuis deux ans), pour la simple raison que tous les modèles existants sont construits pour simuler des chocs de petite ampleur, qui sont supposés se résorber par des oscillations amorties : or, nous sommes en présence de chocs de grande ampleur qui révèlent des non-linéarités, qui ne peuvent être modélisés au-delà des prochains trimestres. Autant demander à un météorologue quel temps il fera dans 15 jours ou dans un mois, il vous répondra qu’il lui est évidemment impossible de le prédire. Les économistes n’ont pas la même modestie intellectuelle, sans parler du devoir ( ?) d’espérer que leurs prévisions optimistes seront auto-réalisatrices, ce qui dans les circonstances actuelles ne peut qu’achever de discréditer grand nombre d’entre eux. La seule certitude présente est que nous sommes d’ores et déjà entrés dans une dépression mondiale dont la gravité ne pourra être finalement comparée qu’à celle des années 1930.

 

Certains économistes américains commencent d’ailleurs à se préoccuper de définir ce qu’est une dépression. Mais conformément à leur culture dominante, ils se préoccupent surtout de la dimension quantitative de celle-ci : ainsi, certains proposent d’appeler dépression un recul d’activité qui durerait au moins dix ans. Ceci aurait pour avantage de désigner la situation actuelle comme telle… avant 10 ans, retirant évidemment tout caractère opératoire à cette notion. Pour nous, la dimension qualitative est la plus importante et, nous proposons de considérer qu’une société est en dépression, quand la grande majorité de ses acteurs ne croient plus que celle-ci pourra reprendre le cours de son développement, selon le paradigme et les modalités précédents, sans qu’une alternative crédible à ceux-ci se dégage encore[1].

 

Sans doute, il existe deux ou trois éléments importants qui permettent d’espérer une issue moins tragique qu’entre les deux guerres mondiales : avant toute chose, la connaissance historique, savante et populaire, qui permettent d’éviter bien des circonstances aggravantes : ainsi, la nécessité de stimuler la demande plutôt que de l’étrangler, à travers les politiques monétaires et budgétaires, est admise par les plus dogmatiques « libéraux », partisans d’une économie de l’offre ; ou encore, le diagnostic très largement partagé de la responsabilité du système bancaire et financier dans le déclenchement, la propagation et l’aggravation de la crise ; ou, bien sûr, la nécessité d’une coopération entre Etats, plutôt que des rivalités, ou pire des confrontations entre eux. L’ensemble de ces prises de conscience a permis d’éviter la répétition de 1929 et du début des années 1930, et c’est pourquoi la chute de l’activité est moins violente qu’alors : mais le fait d’éviter ces circonstances aggravantes ne garantit pas pour autant que la profondeur de cette nouvelle dépression soit finalement moins vertigineuse qu’alors. Et ceux qui préfèrent encore parler de crise doivent bien admettre que celle-ci n’est pas simplement cyclique (comme on en connaît habituellement tous les 5-10 ans dans toute économie capitaliste), mais « systémique » (du type plutôt séculaire et dont on ne sort que par l’invention d’un nouveau système). Nous sommes donc en présence de la crise annoncée du système en place, celui de la mondialisation libérale, conduite depuis des décennies par l’impérialisme américain[2]. Or, ce système n’est évidemment plus celui des années 1920, malgré quelques traits de ressemblances, comme la dérégulation folle de l’accumulation financière ou les tensions entre impérialismes déclinants (hier le Royaume Uni et la France, aujourd’hui les Etats Unis) et émergeants (hier l’Allemagne et le Japon, aujourd’hui la Chine). Car, à côté de certains traits relativement rassurants ou de type semblable, que nous venons de rappeler, il en est certains qui sont encore plus redoutables qu’alors : il suffit de citer l’ensemble des défis environnementaux (climat, diversité biologique,etc.), qui nécessitent l’invention d’un nouveau mode de production, de communication et de consommation, autrement dit un véritable Big Bang, dès la conférence de Copenhague de décembre prochain ; ou, encore les risques abominables de la prolifération nucléaire ou du terrorisme biologique. Et, puisque le système qu’il s’agit de dépasser n’est finalement plus, à bien des égards, celui de l’entre deux guerres, il est vain de prétendre en poursuivre utilement la comparaison, sauf  à se convaincre qu’il faut, non seulement éviter 1939, mais aussi mieux réussir qu’en 1944-45, ce qui montre l’ampleur des transformations[3] à mettre en œuvre.

 

Il est, par contre indispensable, pour conjurer cette nouvelle dépression, de bien comprendre quelle est la nature profonde de l’échec de la période précédente. Or, pour s’en tenir à l’actualité économique et sociale, le plus frappant dans la formidable profusion d’écrits légitimement provoqués par l’aggravation continue de la situation, est qu’une véritable  césure se fait jour progressivement , quant aux causes essentielles de la rupture survenue depuis deux ans : d’un côté, ceux qui se focalisent sur les causes financières de la crise ; de l’autre, ceux qui en perçoivent le caractère multidimensionnel, en particulier les dimensions sociales, écologiques, démocratiques, culturelles et géo-politiques…

 

Derrière les vices de la finance, le caractère non soutenable d’une économie d’endettement :

 

Bientôt tout aura été dit sur les perversités du système financier en perdition, y compris par ses anciens zélateurs et profiteurs, même si faisant mine de brûler ce qu’ils ont hier adorés, certains ne pensent qu’à perpétuer leurs gains pharamineux par d’autres voies ou, un peu plus tard, par les voies anciennes : après tout, quelques grands scandales récents ne sont que des mauvais remakes de bien vieilles escroqueries, datant d’un ou plusieurs siècles, et il suffirait pour les renouveler, d’attendre que le traumatisme s’efface. D’autres plus lucides se disent qu’il faut amender le système de la façon la plus spectaculaire qui soit (voire la belle mise en scène du dernier G20 !), pallier effectivement les plus évidentes défaillances de marché, faire semblant pour d’autres (les « paradis fiscaux » mystérieusement disparus depuis le mois dernier, les hedge funds littéralement caressés par les propositions de la commission Barroso, etc.) et la confiance revenant – car celle-ci serait un phénomène purement cyclique, dénué de tout effet d’apprentissage collectif -, il suffirait de miser sur la même crédulité des mêmes gogos -, la fameuse reprise serait de retour, quitte à déplorer quelques victimes collatérales dans la gente financière, mais rien de comparable à celle rencontrée par les éternels exclus du tiers monde ou des travailleurs des pays les plus « avancés » (on ne dit généralement pas dans quoi), frappés par un phénomène de paupérisation absolue, inconnu depuis trois quarts de siècle.

 

Or, la complaisance avec laquelle tous les commentateurs étale aujourd’hui les turpitudes de la finance internationale devient telle que ceux qui dénonçaient de longue date les prédateurs financiers quand il était de mode de les encenser, ne doit pas empêcher de les ramener à leur juste place, qui est assez condamnable pour ne leur infliger une « double peine », en en faisant les boucs émissaires d’une crise dont les causes sont en réalité bien plus profondes. Car, la panne actuelle de l’activité mondiale est moins celle de l’offre de crédit, qui légitimerait les montagnes de milliards que l’on octroie précisément à ceux que l’on accuse…, mais la demande de crédit ! Au-delà des besoins évidents de trésorerie des ménages et des très petites entreprises, ceux-ci n’ont, dans leur très grande majorité, aucune intention d’investir au-delà du strict nécessaire, quand l’horizon est aussi bouché. Tout au plus, quelques charognards (mais c’était, paraît-il, le propre d’homo sapiens à ses origines) font quelques rallyes, au détriment des agonisants de la spéculation précédente, c’est ainsi que les marchés financiers connaissent des oscillations permanentes de « reprise technique » et de « prises de bénéfices » sur un fond permanent de dépression.

 

Mais si on veut espérer un redressement durable de l’activité, il faut commencer par se demander pourquoi l’ensemble du système financier mondial, tous acteurs confondus, a pu prêter de façon si longtemps de manière si excessive.

 

L’économie d’endettement est le corollaire d’une mondialisation sans règle.

 

La raison simple de cette systématisation d’une économie d’endettement depuis trente ans est tout simplement que la grande masse des personnes et des entreprises qui voulaient dépenser (et qu’une publicité outrancière poussait à dépenser) n’avait pas les revenus suffisants pour le faire, sans recourir au crédit ! Depuis 15 ou 30 ans, suivant les références choisies, la productivité n’a cessé de croître, voire de s’accélérer, à travers l’extension des nouvelles technologies de l’information et de la communication (« la nouvelle économie » qui nous promettait, il y a moins de 10 ans, un monde désormais sans crise) ; dans le même temps, les salaires réels ont stagné ! Partout dans le monde, la part des salaires s’est réduite au détriment des profits, jusqu’à 10% de la valeur ajoutée du pays ; encore comptabilise t’on parmi les premiers, les salaires des grands dirigeants qui ont monté en flèche ! Aux formidables différences de niveau de vie entre pays riches et pays pauvres se sont ainsi désormais ajoutés les différences croissantes de revenus et surtout de patrimoines au sein de chaque pays.

 

Ce formidable développement des inégalités, nous a ramené, en une vingtaine d’années, au nom des « réformes », qui étaient stricto sensu autant de contre-réformes (retour sur les acquits sociaux de la période antérieure), à la situation d’avant la première guerre mondiale, effaçant donc l’essentiel des conquêtes sociales arrachées par le monde du travail après chacune des deux guerres mondiales. Le mécanisme inexorable, mais insidieux, de cette régression est simple : le partage de la valeur ajoutée est toujours le résultat d’in pouvoir de marchandage ou rapport de force entre les représentants du travail et ceux du capital sous toutes ses formes (financier, mais aussi culturel et relationnel, pour tenir compte des analyses de Bourdieu). Dans une économie ouverte, les premiers sont très majoritairement confinés dans leur pays d’origine, alors que les seconds peuvent toujours trouver un territoire plus attractif en termes de rémunération, se laissant tenter par toutes les formes de dumping, de devises, de revenus, d’impôts, d’environnement, etc. Dès lors, la partie est nécessairement inégale au détriment des « facteurs immobiles » et à l’avantage des « facteurs mobiles ». Pour ces derniers, le taux croissant d’exploitation (car se développe alors une situation « néo-marxienne », qui bi-polarise de plus en plus nos sociétés sur un schéma qui rappelle le 19ème siècle[4]) ne comporte qu’une difficulté, mais elle est incontournable : trouver des débouchés pour la production supplémentaire issue des gains de productivité. Pendant longtemps, le recours à l’endettement a ainsi constitué un report continuel de cette contradiction majeure de tout capitalisme livré à ses propres démons : le système financier a alors commencé à prêter largement aux plus solvables, ce qui s’est fait sans trop de difficultés. Mais, bientôt cela n’a plus suffi : les besoins d’une clientèle nouvelle (quitte à ne pas satisfaire les besoins primordiaux de ceux-ci) ont, esprit de lucre aidant, conduit à forcer l’endettement de ménages de plus en plus modestes, jusqu’à ceux qui manifestement ne pouvaient pas avec leurs salaires de misère devenir propriétaires de leurs logements. Le seul fait qu’aujourd’hui les pouvoirs publics prétendent, dans de nombreux pays, réglementer (deux ans après l’éclatement de la crise des subprimes) le crédit à la consommation sonne comme aveu de la complicité antérieure entre les financiers et l’ensemble du patronat, qui n’a cessé de pratiquer depuis 30 ans l’austérité salariale.

  

Ainsi, la cause première du développement inconsidéré de cette économie d’endettement, qui a entraîné le monde dans cette nouvelle dépression, est évidemment la mondialisation sans règle, qui s’est progressivement mise en place à partir des années 1970, sous l’impulsion de l’administration américaine, d’abord sous Nixon et Kissinger pour détruire le système de Bretton Woods, ensuite avec Volker, patron de la Fed, pour imposer le monétarisme (la primauté de la lutte contre l’inflation au détriment de l’emploi, sous la présidence démocrate de Carter), les deux fois, on le remarquera, quelques mois avant les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il est à peine besoin de rappeler que le reste du monde, à commencer par les pays européens et les instances communautaires, se sont à chaque fois alignés sans faire de résistance, allant parfois jusqu’à surenchérir sur la volonté américaine.

 

Mais désormais la boucle est bouclée : on peut crier haro sur le baudet de la finance, qui certes le mérite bien, le capitalisme mondialisé ou, plus précisément l’impérialisme américain hégémonique se trouve face à lui-même : certes, il lui faut réparer la finance, en essayant d’en faire payer la terrible facture à la masse des citoyens. Mais cette condition nécessaire énoncée au G20 de Londres ou dans le dernier rapport du FMI, qui y fait écho, ne constituera pas la condition suffisante, à supposer même qu’on l’applique sérieusement, ce qui est loin d’être acquis : à supposer que la production mondiale redémarre (pour le moment, on se demande bien pourquoi), quelle demande solvable permettrait de l’absorber ? C’est à cette question que doivent être capables de répondre l’ensemble des forces progressistes, syndicales et mouvementistes, du monde entier, tant il est vrai qu’au niveau global l’anticipation d’une demande solvable précède évidemment l’offre.

 

Quelle stratégie de sortie de crise par le haut ?

 

D’innombrables contributions, personnelles ou collectives, fusent à travers le monde. Mais l’heure n’est plus au lancement d’un concours d’idées sur les meilleures recettes pour une sorite de crise « par le haut » : il y a déjà bien longtemps qu’à travers le monde beaucoup de militants et d’intellectuels avaient anticipé la catastrophe en cours, et avancé d’hypothétiques solutions ; depuis près de deux ans et le déclenchement de la crise des subprimes, les réunions et autres échanges se sont légitimement multipliés et, malgré toutes les contradictions, ont suscité les esquisses de dépassement et de synthèse nécessaires, tant il est évident que les meilleures idées ne s’imposeront pas si des rapports de force ne sont pas rapidement établis à l’échelle mondiale, ce qui suppose que chacun sache renoncer, au moins provisoirement, à ses idées particulières, pour faire les compromis nécessaires à la mise en place d’une véritable stratégie alternative, à l’échelle de la planète.

 

En ce mois de mai 2009, cinq textes peuvent et doivent servir de référence :

-          trois ont pour immense avantage d’émaner d’instances mondialement reconnues, avec l’inconvénient corollaire, qui les a parfois contraint a des concessions nécessaires pour être validés : il s’agit du rapport Stiglitz, commandé par le président de l’AG des Nations Unies ; du rapport de l’OIT, qui préconise un « plan mondial pour l’emploi » et du dernier rapport de la CNUCED.

-          Deux émanent des principales forces militantes qui peuvent contribuer à imposer un nouveau paradigme : ils ont pour eux la force de la conviction et la faiblesse corrélative de ne pas embrayer directement sur les instances officielles de décision : il s’agit d’une part des conclusions du rapport du Forum Social Mondial de Belem, développé depuis lors par les économistes des mouvements ATTAC et d’autre part du rapport inter-syndical, rendu public à la veille du G 20 de Londres par la Confédération Internationale des Syndicats

 

Il faut souligner que dans les deux types de textes, les préoccupations sociales, altermondialistes, démocratiques et écologiques sont les mêmes, quoique dans des proportions évidemment bien différentes, suivant la vocation première de chacune des institutions rédactrices. Le moment est donc crucial pour que les deux grandes forces militantes convergent, afin que les institutions officielles, relevant toutes les trois du système général des Nations Unies finalisent, si possible en commun, leurs propositions, dès la session extraordinaire du début juin, puis imposent leurs solutions au mois de septembre, afin que le G 20, qui se réunira immédiatement après, et confronté à l’absence d’efficacité des promesses de Londres, soit dans l’obligation d’en retenir une première série de propositions, en attendant que la suite des évènements les conduisent à aller plus loin.

 

Vision optimiste ? Mais qui ne comprend que de nouveaux rapports sociaux, qu’un autre monde ne sont possible que si les préoccupations de toutes les forces militantes s’agrègent le plus vite possible ?

 

Syndicalistes et altermondialistes, unissez vous !

 

Domi Taddei



[1] Une telle définition, qui rappelle celle qu’Antonio Gramsci donnait de la crise, avant que ce terme soit rendu ambigu par ses interprétations cycliques, évite de s’enfermer dans la seule dimension économique, alors que, dans ses causes, son déroulement et ses effets, on est évidemment en présence d’un phénomène multi-dimensionnel. On pourrait parler d’une approche psycho-sociologique, d’inspiration post-keynésienne, en considérant que les animal spirits, chers à Joan Robinson, ont connu une mutation irréversible !

[2] Cf. notre contribution précédente « après le G20 de Londres »

[3] L’expression a le mérite de ne pas s’enfermer dans la vieille opposition, si souvent stérile, entre réforme et révolution, si galvaudée l‘une et l’autre.

[4] Le véritable archaïsme n’est pas celui de ceux qui en retrouvent les accents, mais de ceux des dirigeants et des capitalistes, qui en ont réactualisé les paroles !

Par erasmo - Publié dans : évenements
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Samedi 14 mars 2009
article de Dominique TADDEI

Nous sommes en 1933. Nous avons certes évité, l’expérience aidant, les manifestations les plus dramatiques de 1929. Mais rien n’indique que nous sachions éviter celles de 1939 et leur cortège d’abominations. Et tout reste à faire pour réussir, dans trois mois ou dans un an, ce qui a été en bonne partie raté en 1944, à Bretton Woods.

 

Car la crise actuelle est à la fois mondiale et multidimensionnelle. Elle plonge l’ensemble de l’humanité dans une grande dépression, dont l’issue est imprédictible : elle peut aussi bien déboucher sur le pire, le développement des pulsions xénophobes comme dans la deuxième moitié des années 1930, ou, au contraire, faciliter la mise en œuvre d’un altermondialisme, dont les contours s’esquissent progressivement.

 

Une nouvelle grande dépression :

 

Le mot crise est ambivalent. Il peut traduire un moment pénible, d’où on ressort « comme si de rien n’était », voire, soutiennent les masochistes, plus forts qu’avant. D’un point de vue macroéconomique, c’est le moment de retournement à la baisse de l’activité, qui survient tous les 5 ou 10 ans, de façon plus ou moins violente, suivant que les cycles sectoriels (notamment celui de la construction) se conjuguent plus ou moins intimement. Mais le mot crise revêt aussi un autre sens, plus structurel, qui vise tout un système, d’où le nom de crise systémique. Celle-ci peut durer un temps indéfini, tant qu’un nouveau système cohérent n’est pas mis en place. Faut-il rappeler qu’en 1938, il y avait toujours neuf millions de chômeurs aux Etats-Unis, malgré 5 ans de New Deal de Roosevelt et que le monde ne sortit de la « grande dépression » que pour tomber dans la seconde guerre mondiale ? Or, 18 mois après l’éclatement de la crise des subprimes, à l’été 2007, il devient évident pour un nombre croissant de citoyens et de décideurs, que celle-ci n’est pas simplement cyclique, mais qu’elle est essentiellement systémique. Déjà, le qualificatif de récession, définie par deux trimestres de suite de recul du PIB, est dépassé. La profondeur de celle-ci est sans cesse réestimée : au moins 2 ou 3%, en 2009, ce qui entraînera mécaniquement une aggravation dramatique du chômage dans les trois ou six mois suivants, avec son cortège de souffrances sociales supplémentaires ; plus grave encore est la question de la durée de la contraction de l’activité : tous les « prévisionnistes » qui n’avaient rien prévu de ce qui se passe, sont dans l’incapacité de le dire, pour la simple raison que leurs modèles sont construits sur une extrapolation de comportements de dépenses qui sont manifestement bouleversés dans un contexte sans précédent. Dès lors, la question essentielle pour l’ensemble des citoyens est d’intérioriser le fait que l’activité productive ne repartira pas durablement dans le cadre du système financier néo-libéral moribond et d’en tirer toutes les conséquences, politiques et autres.

 

C’est très exactement ce que signifie le terme de crise systémique, crise d’un système dérégulé qu’il est vain d’amender à la marge, comme l’espèrent encore un trop grand nombre de décideurs des pays anglo-saxons (américains, britanniques, canadiens ou australiens) et les financiers du monde entier, inconscients du fait que ce système est condamné à disparaître, de gré ou de force. La raison la plus profonde en est qu’il ne s’agit plus désormais de vœux pieux de leurs adversaires (qui n’ont pas attendu 2007 pour proclamer qu’un « autre monde est possible»), mais de la conviction intime qui dicte le comportement effectif des principaux acteurs économiques, même quand ceux qui maîtrisent les médias affirment le contraire, par ignorance ou parce qu’ils connaissent les effets auto-réalisateurs des anticipations. Ainsi, la grande majorité des grands (ir)responsables de la finance privée est mieux placée que personne pour savoir à quel point, dans le cadre du système actuel (ses actifs trop complexes pour ne pas être pourris, ses régulateurs directement intéressés aux bénéfices, ses paradis infernaux…), il leur est impossible de faire confiance à quiconque : les grandes banques ne se prêtent plus de l’argent au jour le jour ; quant à leur partenaire de club, il est peut être en train de les escroquer… Ainsi la dépression dans laquelle le monde entier vient d’entrer est un phénomène collectif, fait de la multiplication des dépressions individuelles, qui vient aggraver chacune d’entre elles. Or, un tel climat de défiance généralisée ne peut se retourner durablement, même si on peut avoir, de temps à autre, quelques semaines d’illusions : quelques audacieux tenteront une sortie le temps de faire quelques bonnes affaires à prix cassé, avant de prendre leurs bénéfices et de rentrer dans leurs tanières. L’ensemble des décideurs financiers s’est laissé prendre, pour la première fois depuis trois générations le dernier précédent remontait aux « années folles », les années 1920, dans l’illusion que les arbres pouvaient croître jusqu’au ciel et que des rendements financiers d’au moins 15% chaque année pouvaient indéfiniment se perpétuer. Ils sont cependant capables, pour la majorité d’entre eux, d’effets d’apprentissage et, malgré les plus beaux discours, on ne les y reprendra plus : d’où leur vol éperdu vers la qualité (flight to quality) de leurs placements, entendez par là vers la garantie des Etats, et encore seulement des trois plus grands d’entre eux : car, en dehors du dollar, de l’euro et du yen, toutes les autres monnaies sont menacées d’effondrement, y compris en Europe, de l’est au Royaume Uni. Le comportement rentier a logiquement pris le pas sur les comportements innovateurs dans un système qui ne génère plus que l’aversion pour le risque : trop de cupidité a tué la cupidité, du moins au niveau collectif, interdisant l’auto-résurrection du système anciennement néo-libéral et qui est devenu celui d’un interventionnisme compulsif et sans principe.

 

Les « plans de relance » ne relancent évidemment rien, tout au plus permettent ils des sauvetages, plus ou moins provisoires, d’entreprises ou de secteurs (quid, dans les semaines à venir, des banques anglo-saxonnes ou de General Motors ?)  et, au plan global, peuvent ils freiner la chute de l’activité, durant quelques trimestres. Or, ces politiques néo-keynésiennes primaires (qui n’ont au mieux retenu qu’un chapitre ou deux de sa « théorie générale ») ne peuvent être pérennisées que par la création monétaire, mettant à mal le premier credo du libéralisme économique, le « monétarisme » de l’école de Chicago. De nos jours, les objections ne sont plus matérielles (il n’est plus besoin de « planches à billets », de simples « clics » suffisent pour créer de la monnaie) ou même idéologiques : le risque inflationniste à long terme n’a aucun sens face à la réalité de la déflation et il serait toujours loisible aux banques centrales de retirer de la circulation la monnaie excédentaire, dans l’hypothèse heureuse d’un redressement durable de la demande.

 

Trois limites beaucoup plus sérieuses relativisent les effets à attendre de ce néo-keynésianisme primaire : la première est que la poursuite de cette politique de relance est bornée pour l’immense majorité des pays, par le montant de leurs réserves de changes, sous peine d’effondrement de leur monnaie. La seconde est que, dans les grandes zones monétaires elles-mêmes (où le risque précédent ne se pose pas sérieusement), l’efficacité des politiques de soutien à l’activité est souvent mal ciblée : quand elle prétend stimuler l’investissement de ceux qui ne veulent pas investir, elle se contente faire des cadeaux au patronat, comme c’est notamment le cas en France ; quand elle propose une relance indistincte de la consommation (telle une baisse générale de la TVA au Royaume Uni), elle n’est que partiellement répercutée, du fait de l’augmentation des marges des entreprises et de l’épargne des ménages aisés. C’est pourquoi, il faut ici affirmer avec l’ensemble des syndicats et des mouvements sociaux que les mesures les plus justes, hausse des minimas sociaux et des bas salaires (compensée par l’Etat dans le cas des très petites entreprises), sont en même temps, dans la situation actuelle les plus efficaces par la rapidité et l’importance de leurs effets sur la demande, l’activité et l’emploi, en attendant que des investissements publics et des logements sociaux, fortement économes en énergie, puissent être concrètement engagés. La troisième est qu’au niveau atteint par la division mondiale du travail, il ne peut y avoir de solution à l’échelle nationale ou même continentale et que personne ne peut espérer sortir de la crise pendant que le reste de la planète s’effondre.    

 

C’est pourquoi, il est urgent à l’échelle de celle-ci, de poser tout à la fois les bases d’un nouveau système de développement authentiquement durable et les moyens de financement immédiats de sa mise en œuvre. Pour cela, il serait préférable, puisqu’on prétend « redécouvrir » Keynes, de s’inspirer des efforts qu’il mena jusqu’à sa mort, pour un nouveau système monétaire international, fondé sur une monnaie mondiale (qu’il proposait d’appeler « bancor », mais qui existe déjà sous la forme des Droits de Tirage Spéciaux du FMI). Il faut toutefois se souvenir que l’administration américaine s’y opposa en 1944, dans le but de perpétuer l’hégémonie de son pays et de ses multinationales : d’où toute l’ambiguïté des appels incantatoires à un nouveau Bretton Woods. Car la question essentielle d’un « autre monde » est d’abord géopolitique, déterminée par les décisions des grandes puissances et les mouvements progressistes (syndicaux et altermondialiste) ne peuvent espérer l’influer, sans avoir la lucidité de se poser la question des alliances nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie globale de transformation.  

 

Combattre le risque xénophobe :

 

Bien entendu, cette légitime défiance généralisée à l’égard de la vieille mondialisation ne concerne pas les seuls financiers qui finissent d’enterrer le veau d’or qu’ils ne peuvent plus adorer, mais toutes les parties de nos sociétés, à commencer par les plus fragiles, les plus nombreuses et les premières victimes de la dépression dans laquelle le monde entier s’enfonce. Les relents nationalistes sont d’abord ceux des dirigeants politiques, surtout pressés d’utiliser leurs plus ou moins grandes marges de manœuvre pour renflouer leurs « champions nationaux », entendant par là leurs amis politiques ou personnels, quand il ne s’agit pas de les installer dans la place comme le fait Sarkosy dans les groupes bancaires mutualistes.

 

De leur côté, sous informé et trop souvent manipulé par les médias, toujours au service des grands groupes financiers, l’ensemble du monde du travail, du lycéen au retraité, en passant par le salarié, le travailleur individuel et le chômeur, se trouve désormais au cœur des contradictions, l’acteur essentiel de que sera la sortie de crise, l’émergence d’un nouveau système, pour le pire ou le meilleur. Quand les carnets de commande se vident, quand les perspectives d’emploi se rétractent, les tentations de sauve qui peut égoïstes et la recherche de boucs émissaires relèvent des réflexes primaires. La voie en est d’autant plus facile qu’il se trouve inéluctablement des apprentis sorciers, à l’extrême droite, mais aussi bien en deçà, pour en accroître la tentation ; sans compter les idéologues du libre échange, qui, en niant le besoin élémentaire de protection des plus exposés, ne font que souffler, plus ou moins inconsciemment, sur les braises. Or, ce n’est pas de néo-nationalismes, mais d’altermondialisme, que le monde du travail a besoin.

 

La première urgence est de manifester la solidarité de l’ensemble du monde du travail et de ses organisations, au plan national et international, et de l’imposer au patronat et aux instances européennes qui parlent de compétitivité, quand ils pratiquent ou encouragent la surexploitation de la main d’œuvre étrangère, à travers leurs lois scélérates contre les immigrés : les employeurs de main d’œuvre étrangère doivent avoir les mêmes obligations - mêmes droits et mêmes salaires - qu’à l’égard des travailleurs nationaux, sous peine de sanctions civiles et pénales, et cela pour les donneurs d’ordre autant que pour leurs sous-traitants. Quand l’ensemble des commandes s’effondre et que les stocks d’invendus s’accumulent, il devient absurde de parler de compétitivité et de parts de marché : c’est l’ensemble des besoins, à commencer par les plus urgents, qu’il faut solvabiliser au niveau global (cf. infra).

 

Plus largement, le temps du libre échange déloyal, fondé sur les dumpings monétaires, sociaux, écologiques et fiscaux, doit être révolu. L’alternative n’est évidemment pas le repli nationaliste, impraticable au niveau atteint par la division mondiale du travail. Mais l’enterrement officiel du « cycle de Doha » et le remplacement de l’Organisation Mondiale du Commerce par une institution nouvelle, placée sous l’égide des Nations Unies, respectant sa charte fondamentale et coopérant avec l’ensemble de ses autres institutions (BIT, FAO, OMS, etc.), permettront de définir les conditions d’une reprise d’un commerce loyal (« fair trade »), à l’échelle mondiale.     

 

Esquisse d’une autre mondialisation :

 

Car la meilleure antidote, face à la xénophobie, est la perception claire qu’une sortie « par le haut » de la crise actuelle est possible et même que les premières améliorations substantielles sont à portée de la main. A cet égard, les difficultés de positionnement sont nombreuses : il ne s’agit pas de charger la barque, au risque d’entraver les mesures d’urgence, mais de comprendre que la nature de la dépression actuelle interdit d’en sortir autrement que par une stratégie multidimensionnelle de transformation. Face aux urgences de toute sorte et à la montée des périls xénophobes, le temps n’est pas celui des utopies. Il faut certes réaffirmer avec plus de vigueur que jamais la complémentarité entre les grandes valeurs issues successivement du siècle des Lumières, des luttes du monde du travail et de la prise de conscience écologique. Il faut également énoncer quelques grands objectifs de portée universelle, qui donneront tout leur sens aux mesures décidées à court et moyen terme. Mais il faut surtout définir collectivement une stratégie globale de transformation, qui articule celles-ci de façon cohérente.

 

Ces politiques concernent non seulement le domaine monétaire et financier, mais aussi les domaines géo-politique (réforme du système des Nations Unies et mise sous tutelle de l’OTAN), alimentaire, du développement durable (transformation des modes de production, d’échanges et de consommation, afin de garantir la maîtrise du climat et de la bio-diversité), social (éradication de la pauvreté, plein emploi de qualité et réduction drastique des inégalités), citoyenne (droits de l’homme et rôle des sociétés civiles dans des démocraties à la fois plus représentatives et plus participatives), culturel (lutte contre toutes les discriminations)…

 

Le texte joint, dont la première version a précédé l’éclatement de la crise des subprimes, propose une première esquisse, qui s’inscrit dans la même logique que les conclusions du récent Forum Social Mondial de Belem.

 

 

D. Taddei


 

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Mardi 2 septembre 2008

Rencontre de Pigna 16/07/2008

Cette rencontre avait pour objet la validation et l’amélioration par les participants du texte de nature programmatique « Corse 2030 ». Eléments de réflexions, plate-forme ou plutôt véritable réappropriation économique, démocratique, sociale et  écologique dont nous avons tous besoin ?

 

 

Dominique TADDEI  trace une analyse de la mondialisation en crise : crise financière, crise alimentaire, crise sociale. Sommes-nous à la veille d’une grande rupture ? Malgré la remontée du militantisme, il existe réellement un problème de blocage politique des appareils politiques. L’appel lancé par POLITIS ressemble plutôt à un appel de cartels d’appareils. En même temps en Corse tous nous constatons  la montée de la société civile (droits de l’homme, collectifs de défense, écologistes...) qui se heurte tant aux archaïsmes de gauche que de droite et ne trouve pas le moyen de s’exprimer politiquement.

 

Toni CASALONGA explique comment en Catalogne se sont retrouvés des citoyens d’horizons très divers dans « convergences democratica « pour trace ensemble des perspectives politiques.

 

Sampiero SANGUINETTI explique que son approche des raisons de l’apathie économique n’est pas partagée par tous (cf « Corse le syndrome de Pénélope » Albiana). Les cercles de réflexions permettent de mobiliser sur les grands thèmes, telle la question du clientélisme favorisé par la structure institutionnelle française et qui devient la voie incontournable pour celui qui veut être élu. Derrière de clientélisme se cache le clanisme. Autre grand thème la méditerranée. Aujourd’hui alibi pour justifier les quotas d’immigration et les seuls intérêts de l’Europe. Quelle place pour une coopération entre ses rives ? La question du développement et du tourisme sont des thèmes essentiels. Comment envisager l’activité touristique sans être capable le satisfaire les besoins de la population touristique (dont l’approvisionnement alimentaire par des produits de terroir) et donc comment sauver le foncier pour sauver l’agriculture ?

 

Hélène SANCHEZ regrette l’absence de Françoise TOMEI  et de Dominique MAUNY qui auraient pu développer  leurs idées sur les questions de migrations et de métissage.

 

Fanfan GRIFFI exprime la formidable attente qu’il existe dans notre société : attente de rupture avec les pratiques clanistes, attente pour « faire autrement ».Ce temps de la rupture est venu. Notre socle c’est la Corse, il existe une véritable passion pour notre ile. Il n’y a qu’a voir le succès rencontré par les activités proposées de connaissance  du patrimoine et de la culture corse (des tortues aux arts du feu en passant par le chant ). Oui il y a nécessité de s’ouvrir aux autres. Il n’y a pas d’avenir sans métissage, c’est une voie qui peut remettre en route notre société et l’éloigner de ses vieux démons.

 

Pour Jean Louis MORETTI  l’individu seul peut beaucoup, souvent l’on pense à tord que seul le collectif prime. L’absence de programme s’explique : est-il utile d’avoir un programme avec un fonctionnement claniste ? Ce ne sont pas les documents, les études ou les financements qui manquent c’est avant tout l’imagination c'est-à-dire les idées. Il existe un malentendu avec le tourisme : en 1993 le plan de développement appréciait le tourisme comme «  un mal nécessaire ». En 2008 avec le PADDUC il devient « une formidable opportunité ». On oublie que contrairement a d’autres contrées, 95 % de l’appareil touristique est de maitrise locale ! La dérive en Corse comme dans le monde c’est l’immobilier avec tous ses défauts et cela met l’opprobre sur cette activité économique qu’est le tourisme.

Nous constatons une accélération de l’aliénation du foncier. Des terres agricoles sont vendues par des agences immobilières ce qui est nouveau .La CTC pose par la voie de ROCCA SERRA la question de la dé-sanctuarisation de la CORSE. Il ne peux y avoir d’économie durable sans aliénation du foncier par la collectivité (droit de préemption  ou rachat par organisme public). Des outils régionaux existent ou ont existés. Comment créer une synergie entre agriculture et tourisme ? C’est l’hôtellerie qu’il faut développer pas l’immobilier.

 

Hélène SANCHEZ indique qu’il existe des propositions d’aliénations publiques (cf grenelle environnement à Corte : propositions des associations).Elle pose la question du tourisme équitable NORD-NORD (pas seulement nord-sud) avec une filière labellisée qui ferait la différence dans la destination.

 

Dominique TADDEI se prononce pour un élargissement Européen constitutionnel progressif des peuples de la méditerranée et contre la notion de souveraineté. Il préconise pour amorcer le dépérissement du clanisme la fin du cumul des mandats et des fonctions dans le temps dans l’espace et l’exigence d’une véritable parité (cf texte « la démocratie une idée neuve » ou « en finir avec le clientélisme » sur contra focu).

 

Concernant l’approche économique, il indique que se qui compte aujourd’hui est une économie « présentielle » c'est-à-dire l’attractivité d’un territoire (trouver un emploi de qualité ou des moyens de vie honorables). Le critère principal est le revenu pas la production. La Corse bénéficie d’une attractivité de type identitaire(+de 4500 habitants de plus par an depuis dix ans). La Corse est au 12é rang pour les revenus alors qu’elle était au 22 é il y 10 ans).

 

La discussion s’engage sur la production identitaire telle celle du vin corse symbole de réussite économique et qui résiste aux crises actuelles du vin. Le circuit court en économie doit être valorisé car moins polluant (absence de transports, pourvoyeur d’emplois…).

 

Elisabeth souligne l’importance de l’éducation dans notre région, trop de jeunes partent de l’école sans diplômes attiré par des emplois saisonniers qui fera d’eux des travailleurs précaires. L’éducation est un véritable investissement pour l’avenir.

 

Pour Sampiero SANGUINETTI  le défaitisme est trop présent. Le bilan des 50 ans passées relève des éléments prés positifs tels le statut, l’université, l’audiovisuel ; les musées…Concernant l’agriculture, la CTC n’a pas de véritable politique agricole. Elle ne veut pas des agriculteurs car leur profession gène la spéculation foncière.

 

Fanfan GRIFFI se prononce pour un maillage Public-Privé dans les investissements productifs. On doit aider les entreprises qui investissent dans des projets orignaux et créatifs à long terme car elles manquent alors de fonds propres. Notre exigence doit être la qualité.

 

Dominique TADDEI s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour faire pression sur la grande distribution. L’idée de consommer « corse » doit progresser. Le produit « corse » lorsqu’il existe est consommé. Des exemples de produits de grandes qualités trouvent  acquéreurs malgré un prix élevé sont cités : fromages, vins…

 

La question des ressources pour la corse est alors soulevée par Hélène SANCHEZ. Quelles ressources pour quel développement ? La taxe sur les transports est elle un impôt archaïque ou moderne ?  Les éco taxes développées par certaines iles (Sardaigne, Baléares) sont elles des exemples ? Il est à souligner que la taxe sur les transports aurait été un impôt affecté qui a perdu sont affectation !!! et que cette taxe fixe est la même pour un Bastia-paris que pour un Bonifacio-Santa Teresa. Que dire de la TIPP (produits pétroliers) affectée au budget régional qui augmente au même rythme que les prix du baril ? Parmi les taxes a réformer les taxes aéroportuaire qui représentent 1/3 du billet et qui ne sert qu’a financer des emplois qui ne paraissent pas avoir beaucoup d’utilité.

Quelles réponses aux urgences de la précarité, de la demande en logements sociaux, quelle répartition de la richesse pour un saut quantitatif ?

 

Sampiero pose la problématique de l’eau, véritable pétrole en Turquie qui la vend à toute la méditerranée alors qui en Corse elle peu valorisée. Il n’existe pas une politique cohérente de l’eau malgré la présence de l’Office hydraulique (a noter les travaux de l’université de l’eau à Corte).

Philipe OLLANDINI exprime le nécessaire questionnement dans un programme sur les questions de la ruralité, la solidarité du territoire pour résoudre durablement la désertification.

 

Sur la question des territoriales on sait qu’il n’y aura pas de modification de mode de scrutin. Certains pensent déjà au 3eme tour, ce qui est un déni de démocratie. Comment interpeller sur les questions de fonds, proposer une réflexion au débat, transformer les combats en débats ?

 

Fanfan GRIFFI pose la question du courage de « dire les choses, aborder les sujets qui fâchent, rompre avec une société de plus en plus névrosée ».Il existe un véritable besoin d’expression politique. Contra Focu en est l’exemple. Remplacer le slogan par le débat, avoir une démarche non partidaire, exprimer sa liberté...tout un programme.

 

Il a été décidé de diffuser le texte « corse 2030 » amélioré par notre débat dès septembre 2008, il sera soumis à des associations, groupes de réflexions et adressé aux principales forces de gauche et progressistes. Des textes seront mis en annexes pour completer).

Peut être faudra t-il faire preuve d’imagination pour formuler les idées ; les synthétiser, donner un nom à cette démarche, agrandir le cercle de la rencontre...La volonté politique peut changer la donne, un processus de  réappropriation économique qui mêlerait création et métissage est possible.

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Dimanche 22 juin 2008
BASTIA mardi 17 juin 2008
Cher(e)s ami(e)s,

Je te convie à participer à la journée de réflexion organisée par la
Coordination Corse De La Gauche Alternative  qui se tiendra le

Mercredi 16 juillet 2008
à partir de 9 h
à la Casa Musicale à PIGNA

Pour une stratégie de transformation, "corse 2030 "

Perspectives pour les élections régionales

Appel de Politis

Un repas en commun sera pris à Midi  merci de m'indiquer votre participation ( Hélène 06.71.81.23.84.)
fin des travaux prévue à 17 h


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Lundi 7 avril 2008

La réunion de CORTE du 29 mars 2008 a permis d’analyser la situation politique après les élections municipales tant au niveau national que régional et de tracer quelques perspectives pour notre coordination corse.

 

Au plan national, la Gauche alternative représentée par de multiples collectifs (collectifs unitaires) répartis sur tout le territoire a conclue nombre d’accords avec la LCR mais aussi avec des listes d’union de la gauche, avec les alternatifs. Des résultats honorables sont constatés :  31 élus, présence dans 57 listes sur les 107 présentées par la LCR et 17 avec les listes unions de la gauche( pcf, écologistes, ps). A noter l’abstention dans les quartiers populaires lorsqu’il n’y a pas d’enjeux importants et cela même s’il existe un capital sympathie pour les militants des collectifs.

 

Malgré l’optimisme affiché du PCF, le déclin électoral amorcé en 1978 continue. Le congrès de Décembre ne devrait rien changer. La LCR tente de lancer son Nouveau Parti Anticapitaliste. La Gauche alternative est une organisation non-partidaire. De nombreux militants ayant une culture libertaire, il y fort à parier que l’intégration à ce nouveau parti ne sera pas envisagée.

Le PS confirme sa place de parti d’élus et il ne semble pas y avoir d’espace pour le débat. Il s’agit donc de prendre la mesure de la difficulté à organiser des « états généraux de la gauche de transformation sociale » en l’absence de dynamique des forces de gauche par ailleurs peu enclines à se fédérer.

 

Une poussée de l’extrême gauche prend corps en Europe, il serait peut être temps de constituer des plates formes revendicatives européennes (avec certaines ONG, ATTAC..) pour préparer une riposte idéologique en vue des élections européennes.

 

Pour les élections municipales en Corse, le fait marquant est la poussée d’un nationalisme modéré qui a su créer une dynamique électorale. Issu du syndicalisme étudiant cette nouvelle génération  de militants entend « avoir accès aux responsabilités ». La question est de savoir pourquoi faire ? Si leur message d’ouverture est généreux est il suffisant ? Construire une coalition pour un projet commun nécessite du temps, des efforts et de l’imagination.

 

Pour les militants de notre coordination, un programme c’est une communauté d’idées nées de l’action. C’est aussi l’art d’articuler les perspectives à long terme et les urgences. La coordination va s’employer dans les prochains mois à donner du corps à ses analyses. Ses militants s’engagent dés les prochains jours à élaborer des textes en son sein et avec les réseaux et les organisations qui le souhaitent.

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Vendredi 21 mars 2008
réunion régionale de la coordination de la gauche alternative
Le samedi 29 mars à Corte
Ordre du jour :
analyse des municipales,
point sur la coordination régionale et nationale
Ou en est l'altermondialisme?
Contra focu
pour tout renseignement appeller 06.71.81.23.84
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Mercredi 5 décembre 2007

Réunion Ajaccio le 10/11/2007 14h-17h Brasserie du capitole

(Le présent texte n’est pas vraiment un compte rendu mais plutôt un regroupement des idées abordées chacun est convié à le compléter-me transmettre les propositions helene.sanchez950@orange.fr et je transmettrais ensuite une version définitive à tous.)

 

L’objet de la réunion : quelle alternative politique en Corse ?

La discussion a été très dense et très riche. La présence des camarades de la gauche du Ps a contribué à la qualité de la réflexion.

 

Tous soulignent le marasme politique, l’autocratie de SARKOSY ; les peurs d’une confrontation sociale à la Thacher, l’absence de lisibilité des forces de transformation sociale…Le rejet de la démarche clandestine et violente d’une partie des nationalistes.

 

Notre réseau peut être un espace de liberté qui permet plus d’efficacité et de souplesse qu’un parti de type traditionnel. Chaque membre reste lui-même : il peut être « un électron libre » s’il le désire. Le réseau est un lieu d’échange, chacun s’appropriant les textes et les idées de l’autre pour s’enrichir (cf. textes mis sur le blog gauchealternativecorse). La double affiliation (avec un parti) est possible et même souhaitée, ces militants formant des passerelles. Car les partis demeurent des structures nécessaires, même si elles ne sont plus suffisantes. Pour la Corse, la dimension régionale du réseau est une bonne idée.

 

Notre difficulté est de convaincre qu’il y a une possibilité d’alternative économique, sociale, culturelle, démocratique.. Les valeurs portées par la gauche doivent être défendues et il faut se regrouper pour défendre ces valeurs. ? Mais comment défendre les valeurs de Gauche, si on ne les fait pas vivre au quotidien ?

 

La riposte à la politique de SARKOSY semble prendre forme avec les prochaines grèves (régimes spéciaux, fonctionnaires, étudiants….). Les  mouvements prévus ont-ils un avenir ? Les mobilisations sociales ne risquent elles pas de s’essouffler rapidement face à l’absence d’alternative politique par la gauche ? Ces conflits corporatistes ne sont-ils pas dérisoire face aux grands problèmes de la planète ou portent il en germe la résistance au néo-libéralisme financier représenté par la droite?

 

Que veut-on ? Prendre des responsabilités ou faire la révolution ?

Il faut une véritable alternative et non pas une alternance pour transformer (transformation plutôt que de s’enfermer dans le vieux clivage réforme-révolution ?), c’est à dire un changement radical. La mondialisation est un processus qui s’est construit depuis les années 70. Ce n’est pas un fait immuable, auquel on devrait se soumettre, comme cela est affirmé aujourd’hui par les néo-libéraux.

 

Les structures politique de gauche PC, PS ou des verts ne semblent pas être en capacité d’évoluer : au plan national, ce sont de véritables écuries ; au plan corse, il a de véritables dynasties qui bloquent tout et accaparent le pouvoir.

 

Quelle est notre capacité à lancer un mouvement civique pour une politique alternative ?

 

- Pour les municipales il est important de susciter une démarche citoyenne. Le clanisme est toujours mieux accepté chez l’autre, mais il est bien là partout. Les  municipales sont donc l’occasion de lancer une mobilisation alternative. Ainsi, sur la question des municipales, une réunion aura lieu prochainement à Bastia.

 

 

- Le PADDUC est également l’occasion de dénoncer avec les organisations environnementales le mode de développement imposé à la Corse. Il est proposé de susciter une réunion-débat sur le thème : Quel type de développement pour la Corse ?

 

- La question du commerce équitable (nord-sud ou nord-nord) avec des labels est une grande question qu’il nous faudrait aborder avec les associations qui travaillent sur la question.

 

 

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Dimanche 2 décembre 2007
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QUELLE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE A BASTIA ? Les problématiques, les expériences, les enjeux...

REUNION-DEBAT LE JEUDI 06 DECEMBRE 2007 à BASTIA 18 h Maison des Associations rue sant angelo.

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Jeudi 22 novembre 2007

Texte écrit par  Yves DONSIMONI Vice-président de L'ANACR (Amis de la Résistance) de la Haute-Corse ,Altermondialiste, membre de la  coordination corse de la Gauche Alternative  1871.jpg

A l'approche de la réunion importante de Paris de notre coordination nationale des collectifs antilibéraux de la Gauche Alternative, et au moment ou le pays connaît légitimement un développement des luttes , il est de nôtre devoir d'oxygéner au plus tôt notre démarche, grâce à notre rassemblement militant autonome et au contenu des perspectives. Il est très important de démarquer rapidement "la Gauche Alternative" dans le paysage politique français. Il faut que nous apparaissions comme à la fois le résultat de l'analyse lucide que nous osons faire de la confusion politique de la dite gauche traditionnelle (PS-PC-VERTS), et syndicale actuelle du mouvement social, voulue et entretenue à dessein pour favoriser sans doute un statut-quo libéral qui ne peut en aucunes façons nous satisfaire. Cela de plus lié en grande partie à l'échec Historique des expériences passées des partis et organisations léninistes (URSS-ESPAGNE), et qui même confronté à des aspirations alternatives n'arrive pas à dépasser leurs pratiques auto-aliénantes, stérilisantes et sans lendemain: (voir leurs dernières participations aux collectif national pour la préparation des présidentielles de 2007).
 - Changer la donne, tout en maintenant ferme le message réactualisé de Justice sociale et de solidarité, de nos acquis sociaux, qu'incarne à la fois les fondamentaux de la République et les valeurs combattantes de la Résistance, inscrites dans le programme du C.N.R. Le président Sarkozy n'ayant point démenti les propos digne d'un pétainiste de Denis Kessler, se trouve à n'en pas douter sur un projet non de réhabilitation des idéaux de la Résistance, mais tout au contraire à un véritable démantèlement offensif du caractère social de la République, ou du moins de ce qu'il en reste. Il est pour cela fondamental de reprendre rapidement l'offensive et de se démarquer politiquement de tous ces gâchis sociaux-démocrates et staliniens, qui n'ont fait que retarder l'avènement d'un grand rassemblement du mouvement altermondialiste d'avec le mouvement social français et au-delà européen.


 - A cet effet je vous fais part d'un texte écrit en 2004, et qui je pense, dans cette période de forte régression sociale conserve toute son actualité urgente.


 - De plus en ce qui concerne l'appellation de notre mouvement : le caractère à la fois Historique et Offensif doit prévaloir, il serait de bon ton de rendre nous aussi et à notre façon hommage à tous ceux qui aujourd'hui encore osent prétendre que "résister c'est créer, créer c'est résister".   Je propose pour  notre coordination antilibérale  de la Gauche Alternative : COLLECTIF NATIONAL DES COMITES DEPARTEMENTAUX  DE LIBERATION SOCIALE DE LA GAUCHE ALTERNATIVE.

 

POUR UN FRONT SOCIAL COMMUN
REPUBLICAIN ET CITOYEN


( La liberté de tous étant de la responsabilité de chacun ainsi que la liberté de chacun étant de la responsabilité de tous, je viens ici approfondir notre démarche à nous tous, de recherche de l’alternative urgente et nécessaire à créer. Je dédie ce texte à la mémoire de Carlo Giuliani et de tous les participants au contre sommet du G8 à Gênes en juillet 2OO1, ainsi qu’à tous les participants du premier FSE de novembre 2OO2 à Florence. J’exprime enfin mon souvenir émue à tous les combattants du mouvement libertaire ainsi qu’à tous les écrivains qui ont fait notre histoire commune et ce jusqu’à nos jours.)

L’esprit civique et républicain c’est le contraire de la soumission. Le devoir citoyen impose à tout un chacun de respecter et de faire respecter les valeurs de la République.
La démocratie c’est le contrôle citoyen en commun du commun.

Lorsque Antonio Negri cherche à définir la question essentielle qui à mon avis devrait prévaloir dans le mouvement altermondialiste et dans les différents mouvements sociaux Européens? à savoir : comment définir le Pouvoir du commun, comment définir tous ensemble le Pouvoir en commun ? Je pense qu’il faut regarder et comprendre, dans les mots d’ordre principaux du mouvement altermondialiste, que sont : « pour le contrôle citoyen », et « dans la démocratie participative », il nous faut regarder à l’intérieur de ces slogans, historiquement d’où ils viennent, comment ils existent aujourd’hui et ce par quoi ils vont exister demain. Sans nul doute que le mouvement de l’Histoire accordera dans un avenir assez proche la reconnaissance dans la lutte de ses slogans. C’est à dire qu’il y aura de fait une prise en compte réel dans une très large participation démocratique des masses de ce contrôle citoyen en commun du commun. L’on verra se réapproprier à la fois les services publics et le secteur privé, l’on verra certainement se déterminer la nécessité de socialiser, principalement dans le secteur de la grande distribution, l’ensemble des centrales d’achats et de distribution, pour tout ce qui concerne les produits de première nécessité aux consommateurs.
Donc la question que l’on doit se poser aujourd’hui, réside dans le fait de comment aborder tous ensemble le processus de rupture et comment débuter enfin la construction de l’alternative ? Tout cela bien entendu dans la lutte continue et permanente qui doit se mener. Ce ne sera toujours qu’ partir de mouvements de lutte permanents que nous progresserons. L’on se doit de considérer tout comme le philosophe Kant : « ?que la liberté ne peut mûrir qu’au sein de la liberté, il faut être libre, il faut que le sujet soit libre afin de pouvoir user comme il convient de ses facultés dans la liberté ». A l’inverse, à contrario effectivement, nous nous trouvons dans une situation où le système libéral place l’individu dans une aliénation telle que les dérives aliénantes se succèdent les unes aux autres. Il faut absolument que de cette conscience primaire actuelle émerge une conscience critique, grâce à une propagande militante de chaque instant, grâce au travail d’éducation que délivre le mouvement altermondialiste. Nous devons considérer ce travail comme l?a appelé Paulo Freire « de conscientisation », absolument nécessaire si on veut inverser le cours de l’Histoire et créer ainsi un autre monde possible.
Il n’est guère surprenant en ce mois de septembre 2OO4, de constater qu’au cours de cette année, les relents de racisme et de xénophobie à travers l’Europe ressurgissent, et les politiques de remise en cause de tous les acquis sociaux, principalement ceux de 1936 et de la fin de la seconde guerre mondiale se développent. La globalisation libérale avec son système autoritaire galopant qui se met en place, nous fait revenir à des périodes de l’Histoire déjà connus, il s’agit donc manifestement d’un retour en arrière.

La démocratie nous commande d’agir? la démocratie ce sera toujours l’action permanente pour le travail et la justice sociale , et pour construire une citoyenneté réelle? la démocratie citoyenne étant une démocratie active. Le civisme républicain c’est bien la démocratie en action , et c’est tout à la fois la défense continue et permanente de l’intérêt général et des valeurs de la République dans une démocratie participative, c’est à dire du plus grand nombre possible de citoyens. Seul le contrôle citoyen commun, la démocratie participative donc, apportera dans cette démocratie active et citoyenne, le respect des valeurs de la République à nous tous et s’imposera de fait comme étant réellement partagée et accepter par l’ensemble des consciences critiques de la société civile.

Dans le contexte présent il est important que l’ensemble des mouvements qui composent le mouvement altermondialiste, poursuive une stratégie de recherche de la rupture avec le système libéral, avant que des tendances à la normalisation ou à l’intégration ne l’emporte. La lutte qui est mené doit connaître son aboutissement naturel et humain, il est primordial pour cela également que l’efficacité de cette lutte contre l’aliénation se situe dans un contexte de luttes anti-autoritaire. Le mouvement altermondialiste est de fait le groupe historique qui pense et agit en terme universel et qui est donc capable de mener cette lutte contre la globalisation libérale destructrice et pour un autre monde. Une fois enclencher le processus de rupture qui réconciliera l’homme et le citoyen, le public et le privé, l’universel affranchissement mettra fin à l’aliénation des peuples.
Si, effectivement, l’on peut dire avec François Houtart, Directeur du Centre Tricontinental, « que la logique libérale repose sur la triple destruction systématique, celle de l’être humain, celle des peuples et celle de la nature », il nous faut avec lui considérer que le mouvement altermondialiste se doit de remplir des objectifs clairement exprimés et « qu’il nous faut aujourd’hui penser les termes d’un système social qui sera fondé sur l’égalité, la solidarité, et l’universalisme » ; car nous croyons tous profondément qu’il n’y à pas d’avenir, (no futur !), qu’il n’y à pas d’issue au Libéralisme, et que l’égoïsme des oppresseurs conduit toujours à l’aliénation des peuples.
La lutte organisée ou spontanée qui doit affranchir les masses « des structures de répression », se doit d’être solidaire et partagée, ce qui implique, que parfois des actions minoritaires positives peuvent être menées et assumées ensuite par les masses comme étant des actions révolutionnaires, qui transformera ainsi le mouvement en communauté humaine fraternelle.
Tout comme l’appel « historique » du 8 mars 2OO4, des résistants, dont les époux Aubrac et Daniel Cordier qui fut le secrétaire de Jean Moulin, et qui en appelle « à dépasser les enjeux sectoriels et à définir une nouvelle résistance »,
Il nous faut prendre comme initiative majeure de revenir aux origines réelles de la lutte et de ses acquis, si effectivement l’on veut parvenir à une solution alternative à ce système. Ce que je crois, c’est que si les résistants aujourd’hui en 2OO4, ont su revenir au programme du C.N.R. élaboré alors en 1943, forts de cet exemple, peut-être faudrait-il aussi que le mouvement syndical revienne en ces moments d’intense régression sociale, aux origines du syndicalisme, pour concevoir et développer les actions qui remettront réellement en cause ce système dominant, ce système libéral autoritaire, ce système qui n’ose pas à remettre en cause tous les acquis de nos luttes historiques, jusqu’à vouloir modifier toujours plus « le code du travail ». Je veux parler en ce qui concerne, revenir aux origines, bien entendu de la charte d’Amiens élaborée par la CGT en 1906 et aussi par la charte de Lyon en 1926 où la CGT déclarait alors? « en présence de l’instabilité politique et financière de l’Etat français qui peut à tout instant provoquer une crise de régime et par conséquent poser la question d’un ordre social nouveau par les voies révolutionnaires. Le congrès en même temps qu’il se refuse à donner au capitalisme les moyens de rééquilibrer, déclare que le syndicalisme doit tirer de cette situation catastrophique le maximum de résultats pour l’affranchissement des travailleurs. L’ordre social reposera sur l’organisation de la production, de l’échange et de la répartition dont le fonctionnement sera assuré par le jeu des rouages syndicaux à tous les degrés. C’est seulement à cette condition que les soubresauts révolutionnaires des peuples jusqu’ici utilisés et dirigés par les partis politiques permettront enfin d’apporter un changement notable dans l’ordre économique et social ainsi que l’exige le développement des sociétés modernes. Le congrès constate la profonde nouveauté des événements qui se préparent et rend inutiles et impossibles les transformations politiques partielles. J’enregistre aussi que le fascisme, nouvelle doctrine du gouvernement des puissances d’argent, qui commande à tout le système capitaliste, pose lui-même à ce problème social sous le même angle économique et entend d’utiliser le syndicalisme en l’adaptant à ses vues particulières pour réaliser ses dessins. Le syndicat aujourd’hui, groupement de résistance, sera dans l’avenir le groupement de production et de répartition ,base de la réorganisation sociale. Le congrès affirme que le syndicalisme expression naturelle et concrète du mouvement des producteurs contient à l’état latent et organique toutes les activités d’exécution et de direction capable d’assurer la vie nouvelle. Le syndicalisme doit dès maintenant remanier son organisation?, compléter ses organes, les adapter aux nécessités comme le capitalisme lui-même, et se préparer à agir demain en administrant en administrateur et en gestionnaire éclairé de la production, de la répartition et de l’échange. » Tout cela a été déclaré au congrès de la C.G.T. les 1er et 2 novembre 1926, appelé alors « charte de Lyon ». L?’article 2 constitutif de la G.G.T. de 1906 (Charte d’Amiens) précisait alors « l’œuvre du syndicalisme prépare l’émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par l’expropriation capitaliste. Il préconise comme moyens d’actions la grève générale et il considère que le syndicat aujourd’hui groupement de résistance sera dans l’avenir le groupe de production et de répartition qui est la base de la réorganisation sociale. »
A la lecture de ces éléments historiques on peut comprendre et s’apercevoir qu’ils n’ont rien perdu de leurs réalités, dans la nécessité de les voir s’appliquer aujourd’hui. C’est à dire que lorsque nous préconisons le « contrôle citoyen commun », effectivement il s’agit bien entendu d’un contrôle social commun, à la fois des entreprises privés comme du secteur public, afin toujours de promouvoir dans la justice sociale, la défense de l’intérêt général et un avenir économique et social, souverain pour tous les citoyens.
Nous avons donc de fait une situation ou sera élaborée une organisation générale de la société civile émancipée.C’est-à-dire ou tous les moyens de production et de répartition seront aux mains effective des citoyens. Cette démocratie participative, citoyenne, participative, directe et hautement démocratique fera en sorte que tout un chacun puisse trouver son juste dû dans la société. Nul doute que tout le secteur productif aura à participer à la gestion économique et sociale des centrales d’achats et de distribution et de défendre ainsi au mieux leur force de travail. Le lien essentiel que représente les centrales d’achats et de distribution, d’avec les consommateurs, assurera à l’ensemble des entreprises productives un écoulement sur les territoires nationaux et internationaux ; de la façon la plus adapté qui soit, dans un souci de défense, à la fois de l’outil de travail, du citoyen-producteur et du citoyen consommateur.

Les centrales d’achats et de distribution, les compagnies pétrolières, l’ensemble des groupes privés, tout secteur confondu, spéculant sans cesse sur l’ensemble des citoyens-travailleurs-consommateurs que nous sommes, sont bien ces « centres de l’autorité impériale »,que décrivent Antonio NEGRI et Michael HARDT, dans leur livre .


En ce qui concerne les frais de fonctionnement des entreprises de répartition, ils seront calculés sur la base minimum qui devra assurer leurs fonctionnements. Il n’est pas question de retenir l’aspect spéculatif dans les nouvelles pratiques de la démocratie citoyenne participative du contrôle social citoyen commun de demain. Ainsi nous pourrons assister à un relèvement général des prix payés aux producteurs, et à un abaissement généralisé des prix à la consommation. Nous verrons également les salaires des employés être relevés, ainsi que ceux des salariés routiers, qui participent à l’écoulement des marchandises. L’ensemble des acteurs de ces rouages économiques essentiels seront donc rémunérés à leurs juste niveau.
L’on pourra remarquer que le montant exorbitant des marges spéculatives enregistrées alors dans le système libéral, ne représente pas, loin s’en faut, la totalité de ce qui sera accordé par la démocratie citoyenne de répartition, à l’ensemble des acteurs économiques de ce rouage essentiel. C’est à une véritable transformation profonde de la société que nous assisterons alors. Bien entendu, la lutte solidaire et permanente assurera la viabilité de cette vie nouvelle. La conviction positive forte que la démocratie, que la citoyenneté c’est la réciprocité dans la répartition approfondira le maintien et la poursuite de la lutte.
Actuellement, il nous faut constater, que la rébellion qui s’approfondit et qui se justifie chaque jour un peu plus, de la part de nous autres militants, devant le spectacle forcément égoiste de la plupart des individus, vivant sous le système libéral, nous conduit tout naturellement à la recherche de l’unité la plus large possible et qui dépassera le cadre d’un Front-Uni syndical, pour aborder alors la construction d’un véritable Front Social Commun Républicain et Citoyen.
Grâce entre autre, à la commémoration du 6Oième anniversaire du programme du C.N.R., à l’initiative de l’association ATTAC, au printemps 2004, grâce aussi, à l’appel « historique » des résistants du 8 mars 2OO4, « qui en appelle à dépasser les enjeux sectoriels et à définir un nouveau programme de résistance », les militants du mouvement altermondialiste, les militants des mouvements sociaux, les militants à titre individuels ou organisés, par partis, associations, syndicats et mouvements, peuvent rejoindre l’association des Amis de la Résistance, qui est à la fois un pôle de convergence neutre et hautement symbolique ancré dans l’Histoire à la fois des valeurs libératrices de la République et des valeurs de l’Esprit de la Résistance. Cette association peut avoir l’avantage de permettre cette convergence militante pour créer ce Front Social Commun Républicain et Citoyen.
Au regard de l’Histoire et des luttes passées et présente, j’invite dans leurs grandes consciences intérieure et dans un souci de responsabilité majeurs envers les générations à venir, l’ensemble des militants, à comprendre , à travers l’exemple de l’électrochoc qu’a représenter alors la dernière élection présidentielle, où l’on a vu dès le 1er tour Lionel Jospin être évincé par le candidat de l’extrême-droite. L’on a vu alors descendre dans la rue des millions de citoyens à travers tout le pays, lors de la fête des travailleurs le 1er mai, de comprendre effectivement que si demain le processus de rupture voit le jour, il se produira sur la base de la défense des principes républicains qui se veulent libérateurs et non-oppressifs.
Face à cette société libérale de déliquescence continue, l’Esprit de la résistance doit être partagé par l’ensemble des citoyens en ces moments historiques, cruciaux, que nous connaissons, pour notre avenir à tous et pour une gestion saine et généreuse de ce que Jean Jaurès appelait « notre Patrie Humaine ».
Nous nous trouvons dans une situation économique et sociale où face aux délocalisations, face à la précarité grandissante du plus grand nombre, face à l’autoritarisme croissant du système libéral, face à toutes les déconvenues historiques par rapport aux acquis sociaux, face également au référendum annoncé pour l’année 2OO5 concernant la constitution globale libérale européenne, qui doit nous engager pour plusieurs décennies? Face à tout cela, il nous faut frapper tous ensemble un grand coup, pour le triomphe du contrôle citoyen commun, pour la justice sociale dans la solidarité, pour la défense de l’intérêt général, pour enfin ce contrôle social commun de l’ensemble de nos entreprises. Oui à la gestion citoyenne et participative avec le concours des associations, syndicats, des travailleurs productifs, des salariés, des consommateurs, de l’ensemble des « centres névralgiques de l’autorité impériale ».
Le Front Social Commun Républicain et Citoyen, sera le fer de lance de ce mouvement historique de réappropriation citoyenne de nos vies, dans un élan rassemblé pour à la fois conduire le processus de rupture et de construction de l’alternative. Ce ne sera qu’à partir de notre volonté créatrice que ce contre-pouvoir majeur sera de fait reconnu par l’ensemble des peuples en lutte. Ainsi le mouvement altermondialiste avec le concours des différents mouvements sociaux, grâce à ce Front Commun, pourra participer à l’organisation de l’auto-direction économique et sociale de l’ensemble des nations en lutte.
L’actualité aujourd’hui démontre une fois de plus, avec la spéculation qui sévit actuellement sur les cours du pétrole, que l’ensemble des forces productives, agriculteurs, marins-pêcheurs, mais aussi l’ensemble des salariés-consommateurs, des routiers, tous nous devons comprendre de l’urgence et de la nécessité qui tôt ou tard nous incombera, de nous occuper enfin de la gestion citoyenne de ces compagnies, de ces groupes et de ces centrales de distribution, qui de fait représente une « collectivisation privée », par la finance, de l’ensemble de ces rouages économiques essentiels au détriment de la collectivité humaine et de l’intérêt général.
Les balbutiements qu’on représentés les blocus par plus de 15 OOO agriculteurs en novembre 2OO2 de 77 plate-formes de centrales d?achats et de distribution sur un total de plus de 4OO plate-formes,, mais aussi le blocus des dépôts des compagnies pétrolières durant l’année 2OOO, puis de nouveau aujourd’hui en octobre 2OO4, nous met face à nos responsabilités de mouvements émancipateurs, et doit conduire le mouvement altermondialiste et les différents mouvements sociaux à investir au plus tôt, tous ces pôles capitalistes, qui ne représente que de la spéculation, qui génère de la précarité et qui de plus compromet notre avenir commun. Sachons intervenir et démontrer ainsi qu’il n’y a pas de fatalité et que rien ne peut s’imposer à l’être humain qui ne soit conforme à la volonté de chacun et de tous.
Qui a décidé que ces groupes privés minoritaires doivent dominer à l’infini et prévaloir sur l’intérêt général ? Est-ce que cette dictature des marchés, est-ce que cette dictature financière doit être pour toujours accepter par les travailleurs-consommateurs ? Est-ce que nous devons accepter que la spéculation détruisent sans cesse les forces productives, accentuant la désertification des campagnes et la perte de nos produits du terroir ? Est-ce que nous devons accepter l’augmentation de la précarité et ses conséquences sur une vie harmonieuse en société que souhaitent les citoyens ? Est-ce que nous devons accepter cette part croissante de spéculation des marges de la grande distribution, sur les produits de grande consommation, et qui conduisent à tout ce chaos social ?
Nul doute que tous ces gens qui sont à la direction de ces groupes financiers, n’ont rien de commun, ni de près ni de loin, avec les valeurs de l’Esprit de la Résistance et les valeurs de la République. Nous les considérons à juste titre comme des hors-la-loi de la République, démocratique et citoyenne que nous concevons. Ce ne sont que des vulgaires spéculateurs-rackecteurs, criminels envers la société civile toute entière. Leur temps est dorénavant compté, car le moment approche où ils devront, face au peuple souverain, dans sa multitude émancipée, abandonner leurs pratiques libérales destructrices.

Que tout un chacun se prépare, de la meilleure des façons qu’il peut, que ce soit sur son lieu de travail, dans son quartier, dans sa famille, dans sa région et au-delà, qu’il se prépare à assumer totalement, dans un esprit de solidarité et de fraternité, la rupture urgente et nécessaire d’avec le libéralisme et dans un même élan, la construction de l’alternative. Seule une conviction positive, déterminée, assumée, de l’inéluctabilité de cette démarche historique, par les peuples en lutte, à laquelle nous serons confrontés tôt ou tard, assurera notre réussite. Apparemment, au vu de l’intensification négative des développements économiques et sociaux auxquels nous sommes tous confrontés, avec de plus et de façon logique un autoritarisme croissant du système libéral? il faut croire que les bouleversements sociaux se dérouleront plutôt dans le court et moyen terme?  Soyons donc responsable et préparons-nous à cette échéance Historique tant attendue.
Que tous les salariés des entreprises délocalisées ou qui s’apprête à l’êtres, ne perdent pas espoir et réfléchisse au lien nouveau qui existera demain avec leur participation à la gestion économique commune dans les centrales d’achats et de répartition, de leurs productions avec les consommateurs .
Qu’ils pensent tous et qu’ils n’oublient pas, le combat qu’on mené les LIP de Besançon pendant trois ans, et qui si malheureusement n’ont pu réussir dans les années soixante dix, c’est tout simplement dû au fait que ce lien avec le consommateur n’existait pas, les ventes s’organiser alors au départ même de l’usine et ce n’était quasiment que du porte-à-porte ! Le lien économique fondamental que représente la centrale d’achat et de distribution, aux mains effective des travailleurs- producteurs-consommateurs, fera réussir le contrôle social citoyen commun de l’ensemble des entreprises, réparties sur tout le territoire national et en collaboration étroite et solidaire avec les nations émancipées. Il s’agit ni plus ni moins d’une socialisation de tous les secteurs- clé du système libéral. La lutte seule, solidaire et permanente, apportera les réponses aux conditions de la pleine réussite de ce vaste mouvement social.
Que notre jeunesse et que les générations à venir, ne soient point condamner, grâce à notre audace, notre ferveur et notre générosité, à errer sans fin avec toujours plus de précarité, dans les « labyrinthes » du libéralisme destructeur.
En guise de conclusion, je terminerais ici en empruntant les prémisses d’Engels, dans « Théorie de la violence » : « ? A une étape déterminée, la production humaine s’élève donc à un certain niveau grâce auquel, non seulement elle répond aux nécessités de la vie, mais encore elle fabrique des produits de luxe qui sont, il est vrai, dans une première phase, réservés à quelques privilégiés. La lutte pour l’existence, si nous convenons d’accorder provisoirement une certaine portée à cette notion, se change donc en un combat pour d’autres avantages. Il ne s’agit plus seulement des moyens de survivre, mais des moyens de progresser et des moyens de vivre en société. La production, au stade du capitalisme, fait apparaître aujourd’hui beaucoup plus de moyens d’existence et de progrès que la société capitaliste ne parvient à en consommer? parce qu’elle en interdit arbitrairement l’accès à l’immense majorité des producteurs réels. Cette société est contrainte pour exister, d’accroître sans cesse une production déjà supérieure à sa capacité d’absorption. S’il lui faut, au cours de crises périodiques, détruire tous les dix ans une grande quantité de produits et avec eux de forces productives, que reste-t-il alors des grandes phrases sur la lutte pour l’existence ? La seule forme sous laquelle peut alors exister la lutte pour la vie est celle-ci : la classe des producteurs arrache à la classe dominante la responsabilité qu’elle n’est plus capable d’assurer, c’est-à-dire le contrôle de la production et de la répartition. Voilà justement ce qu’est la Révolution Socialiste. »

texte écrit Le 18 Octobre 2OO4
Yves DONSIMONI

 

 

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Dimanche 11 novembre 2007

La CCGA réunie à Ajaccio le 10/11/2007 a adopté ses statuts. Elle montre ainsi sa volonté de s’inscrire durablement dans la vie politique corse. Plusieurs décisions ont été prises :

-Ses militant(e) s ont décidés d’être présent(e)s aux Assises Nationales qui se tiendront les 1ers et 2 Décembre à Paris.

-Au quotidien nous sommes et serons face à toutes les urgences sociales et écologiques, solidaires de l’ensemble des mouvements revendicatifs contre la politique réactionnaire de Sarkosy et cela dans le cadre de l’unité d’action la plus large.

-Pour les municipales nous invitons toutes les citoyennes et les citoyens à s’inscrire dans une démarche de démocratie participative.

-Nous entendons animer les débats les plus larges sur l’ensemble des perspectives de transformation en Corse, en France, en Europe et dans le monde. Pour favoriser ce débat nous allons créer un bulletin électronique périodique.

Dans cette volonté de faire de la politique autrement nous vous invitions à rejoindre nombreux la Coordination Corse de la Gauche Alternative.

Pour tout contact gauchealternativecorse.over-blog.com et 06.71.81.23.84.

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