Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /Nov /2010 00:03

Le rassemblement des forces écologistes est un moment important pour un avenir durable pour la Corse. Les assises constituantes d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) qui se sont déroulées le 23/11 à Lyon installent dans le paysage politique un outil à la hauteur des enjeux environnementaux et sociaux qu’il nous faut maintenant concrétiser ici.

Aussi, nous espérons que tu seras parmi nous le samedi 4 décembre 2010 à Corte (Université de Corte) à compter de 10 H. Seuls les adhérents à jour de leur cotisation 2010 (Europe Ecologie, Iverdi Corsi ou les nouveaux adhérents EELV) pourront voter.

Une collation en commun sera prise sur place entre 12h et 13 h tu voudras bien nous informer si tu y participes (helene.erika@gmail.com -prévoir 10 € de participation).

Par erasmo
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Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 23:28

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Par sa nature, la crise systémique de la mondialisation qui a éclaté l’été 2007 n’a de l’avis général pour précédent que celle de 1929.

 

Fort heureusement, l’expérience aidant, l’effondrement général a pu être évité par une coordination minimale des politiques des grands pays (création du G 20, etc), mettant en œuvre des politiques de renflouement de la demande : politiques monétaires accommodantes et surtout politiques budgétaires exceptionnellement dynamiques, par rapport aux normes précédentes.

Ainsi, un palier de consolidation a pu être atteint à la fin du 1er trimestre 2009 dans les pays anciennement développés et, aujourd’hui, les pays émergents semblent être repartis comme auparavant dans une croissance, peut être même trop rapide, compte tenu de son emballement[1]. Certes, cette reprise en V et donc le découplage mondial qui en découle face à une reprise US en U, et pas de reprise du tout en Europe (le schéma en L, typique des situations de dépression), pour autant qu’elle se confirme, est un moindre mal sur le plan économique. Mais elle posera dan les années à venir des problèmes géopolitiques d’une exceptionnelle gravité, si américains et européens ne consentent pas rapidement à une transformation fondamentale de la gouvernance mondiale, et le renforcement du système des Nations Unies dans les directions déjà proposées par le mouvement altermondialiste : on ne sort pas d’une crise systémique par les seules politiques conjoncturelles, même adéquates, mais en transformant en profondeur le système en crise.

 

Nous sommes donc en 1934, et avant même que les contradictions géopolitiques nous assaillent dans les années à venir, les aberrations économiques et financières, plus particulièrement  de ce côté de l’Atlantique, nous menacent de façon encore plus urgente. Comme l’a magistralement démontré Joseph Stiglitz dans le « triomphe de la cupidité »[2] une course de vitesse est aujourd’hui engagée entre les Etats et les lobbies financiers internationaux, qui les harcèlent à coup de spéculations.

 

Car le spéculateur est, par nature, un scorpion. On connaît le conte : un scorpion se tenait sur le bord d’une rivière et, voulant passer sur l’autre rive, demanda à un chien de le transporter sur son dos. L’autre commença par refuser de peur d’être mortellement piqué. Mais le scorpion lui objecta qu’il n’avait rien à craindre, puisque s’il le faisait, il mourrait, lui aussi, noyé. Le chien fut convaincu, mais au beau milieu du guet le scorpion le piqua. Et comme le chien, mourrant, lui jetait un dernier regard étonné, le scorpion lui lança, avant de périr à son tour : « Que veux tu, je n’ai pas pu m’en empêcher, il est dans ma nature de piquer ». Il est, de même, dans la nature du spéculateur de spéculer. En 2007, il spéculait contre les pauvres (subprimes), en 2008 contre ses semblables, aujourd’hui, il spécule contre les Etats qui l’ont renfloué, quitte à ce que leur effondrement entraîne, au milieu du gué, sa propre noyade.  

 

En pratique, les spéculateurs sont restés tout-puissants du fait de l’incapacité des Etats à mettre en œuvre les nécessaires régulations que tout le monde s’accordait pourtant à reconnaître urgentes. Comme nombre d’entre eux ont besoin de se refaire (comme on dit dans les casinos), après les pertes qu’ils ont globalement subies du fait de leurs errements précédents, voici qu’ils s’en prennent aux déficits publics, qui ont été générés pour les sauver ! Ils sont donc en train de gagner la course de vitesse prévue par J Stiglitz.

 

Or, que font pendant ce temps les Etats, principalement l’Allemagne, relayés par la catastrophique commission Barroso[3] ? Au lieu de commencer par réguler les agents, les mécanismes et les produits de la spéculation, ils se soumettent aux diktats des pires d’entre eux (Goldman Sachs en est le nouveau symbole) et de leurs agences de notation amies : pourquoi ne pas avoir déjà créé une agence publique de notation, pluraliste dans sa composition, au niveau européen ? Les « marchés » (lisez les spéculateurs) ne voudraient plus d’obligations d’Etat (qui pourraient de fait être achetés directement par les banques centrales, qui leur prêtent, en attendant à des taux quasi-nuls), et donc dictent leurs lois, eux qui n’acceptent aucun renforcement de celles qui pourraient leur être imosées par les représentants du suffrage universel[4].

 

Nous devons le dire crûment à l’opinion européenne, aux responsables allemands et à tous ceux qui, de gré ou de force (les pays du sud de la zone Euro), s’engagent dans cette politique, qu’elle est  condamnée à l’échec pour des raisons logiques incontournables et qu’elle est grosse des pires drames, sociaux demain, politiques après demain, géopolitiques enfin : quand on réduit brutalement les dépenses publiques, et que la dépense privée interne est atone (qui veut investir aujourd’hui et qui peut consommer davantage ?), les exportations des uns ont nécessairement pour contrepartie comptables les importations des autres : autrement dit, on ne peut ainsi que se repasser le mistigri de la crise et du chômage. Et dans ce cas le plus facile est de tenir les autres comme responsables de ses propres échecs : qui ne voit le développement d’une xénophobie rampante, depuis des pays de tradition démocratique affirmée (comme le Danemark, les Pays Bas, la Flandre, voire la France) jusqu’aux démocraties renaissantes de l’Europe de l’est, en passant précisément par l’Allemagne : la dérive de ses tabloïds, tels le Bild, n’inquiéterait pas ? Le vrai danger pour l’Allemagne et ses « partenaires » aujourd’hui, n’est pas le retour à l’hyper-inflation, alors que l’Europe est, au contraire, au bord de la déflation : c’est de réinventer la politique de Pierre Laval en 1934, la déflation salariale, déjà imposée aux pays d’Europe du sud. Ceci est encore plus inquiétant que la presse et une partie des dirigeants allemands les qualifiaient, presque gentiment, de pays du Club Med dans les années 1980, et qu’ils les traitent aujourd’hui à satiété de PIGS[5]. Quand j’entends un ami hellène rétorqué, meurtri : « historiquement, c’étaient qui les porcs ? », j’avoue frémir dans mes convictions européennes de toujours.

 

Dans les mois qui viennent l’ampleur et la convergence des politiques de déflation salariale menées dans toute la zone euro et au Royaume Uni vont nous précipiter, dans la spirale baissière, qui avait pu être enrayée l’an passé : il en résultera une chute des recettes fiscales, qui ira exactement à l’encontre des objectifs proclamés ! Le danger est tel que l’administration américaine et le FMI sont allés à Berlin pour le signifier à la chancelière allemande, pour l’instant autiste, engoncée dans ses craintes électoralistes

 

Non pas qu’il faille négliger le développement d’un endettement public incontrôlé, mais tout est dans la manière de le faire. Sans entrer ici dans un débat technique, quelques principes simples devraient s’imposer, en même temps que seraient mises en place les transformations des pratiques de gouvernance et de régulation évoquées plus haut :

 

- en premier lieu, les objectifs de finances publiques devraient être fixés, comme c’est d’ailleurs le cas aux USA, pour un horizon plus lointain que 2013, réduisant d’autant l’effort annuel à consentir, et rendant par là-même crédibles les engagements de reprise en main[6].

 

- En deuxième lieu, ces objectifs doivent concerner essentiellement le taux d’endettement public[7] net (on déduit les créances, qui représentent en moyenne la moitié, du taux brut affiché pour effrayer la grande majorité des gens) et ce taux n’a aucune raison de viser le ratio de 60%, qui ne figure d’ailleurs pas dans le Traité de Maastricht, mais dans le seul « Pacte de stupidité de 1999 », comme l’avait joliment qualifié Prodi alors président de la commission européenne, pacte qui n’a aucune valeur constitutionnelle et qui mériterait d’être renégocié sur de toutes autres bases[8]. En réalité, le niveau absolu d’endettement importe moins (il est de plus de 200 % au Japon) que sa stabilité, chaque pays disposant d’un potentiel de croissance à long terme (bien plus faible en Allemagne qu’en France du fait d’évolutions démographiques très différentes), d’un taux d’épargne national (très élevé chez les Japonais, relativement élevé en France, très faible aux USA, etc.), et enfin d’un niveau de créances, bien différents.

 

- En troisième lieu, les mesures d’assainissement des finances publiques ne doivent surtout pas privilégier la diminution des dépenses publiques, mais essentiellement l’augmentation des recettes publiques, si on souhaite obtenir le maximum d’efficacité, en bridant le moins possible l’activité et l’emploi. Ce n’est pas là une affaire d’idéologie, mais d’analyse économique élémentaire, comme doit le savoir n’importe quel étudiant débutant en économie : cela s’appelle le théorème d’Haavelmo, du nom du prix Nobel norvégien, qui en a apporté une démonstration difficilement réfutable[9].

 

- En quatrième lieu, cette augmentation de la pression fiscale (qui n’est que le reflet de la socialisation de la production et du niveau de solidarité exprimé) doit absolument viser en priorité les revenus épargnés plutôt que consommés. Là encore, ce n’est pas affaire d’idéologie, ni de préférences politiques : si l’objectif premier était de lutter contre l’inflation, c’est du seul point de vue économique exactement le contraire qu’il faudrait mettre en œuvre. La principale objection qui peut être formulée contre cette proposition de taxer prioritairement l’épargne et les hauts revenus réside dans le risque de fuite de l’épargne à l’étranger. Outre que l’argument désigne le degré de patriotisme de ceux qui le privilégient, il faut distinguer sérieusement la zone euro et le reste du monde. Pour les 17 pays de la zone, soumis peu ou prou à la même problématique générale (comment contrôler les déficits, sans s‘enfoncer d’avantage dans la dépression), il serait évidemment souhaitable qu’ils adoptent cette même politique, susceptible de leur valoir le soutien de la majorité de leurs concitoyens, qui ne seraient pas touchés par ces mesures. Dès lors, le risque de fuite des capitaux apatrides devrait se faire vers l’extérieur de la zone euro, ce qui devrait avoir des effets sur la parité de l’Euro, sans doute limités, mais bénéfiques sur le commerce extérieur et donc l’emploi dans les pays de la zone[10].

 

Finalement, la pertinence politique de moyen terme d’une réduction progressive et socialement acceptable des déficits, rejoint la question stratégique de long terme de réduction des inégalités en Europe et dans le monde, laquelle est absolument nécessaire[11], si on veut que la masse des consommateurs, et notamment les plus pauvres, aient un pouvoir d’achat suffisant et que les entreprises, particulièrement les plus petites, qui dépendent des marchés locaux, aient la volonté d’investir.

 

Mais pour cela, il faut d’abord remettre les scorpions dans leur boîte et se débarrasser une seconde fois de Pierre Laval.

 



[1] Sa source semble bien se situer dans les décisions politiques et administratives chinoises, qui semblent parfois inquiéter ses propres initiateurs.

[2] Traduction française, Edition LLL, Paris, février 2010

[3] Celle-ci vient de promettre « d’accélérer, durant l’été, les discussions entre les pays membres » contre les formes les plus scandaleuses (« les achats à nu », où on spécule sans risquer un seul euro), et cela après 3 ans de crise !

[4] Aucune société ne peut fonctionner sans loi : ceux qui dénigrent celles de la politique font nécessairement le jeu des affairistes et des maffieux

[5] Portugal, Italie, Grèce et Spain sont donc des cochons !

[6] Pour les pays les plus endettés, tels la Grèce, la renégociation d’ensemble de la dette peut être  une solution finalement plus rassurante que les paris stupides auxquels on soumet le pays.

[7] Et non pas le déficit budgétaire annuel, qui offre une garantie en trompe l’œil, comme le démontrent cruellement les exemples espagnols et irlandais, excédentaires avant la crise et bien plus menacés que la plupart des autres pays de la zone, ayant connu un plus fort déficit budgétaire (la France, notamment)

[8] Nous nous permettons de renvoyer à notre rapport devant le Conseil Economique et Social de 2003, qui avait été voté par 137 voix contre 3 et 32 abstentions… Journal Officiel, CES N° 2003-20

[9] Une diminution de 100 des dépenses réduit d’autant la demande globale déjà déficiente. Par contre, une hausse des impôts réduit moins celle-ci, car les contribuables ne consomment pas 100% de leur revenus nets. Evidemment ce dernier argument est d’autant plus vrai qu’on prend en compte notre quatrième préconisation.

[10] Il existerait alors plusieurs effets de sens contraire, limitant l’effet global net.

[11] Bien entendu, cette réduction des inégalités au bénéfice des facteurs fixes (le travail) et au détriment des facteurs mobiles (le capital, qu’il soit financier, relationnel ou culturel) suppose bien d’autres mesures concernant en priorité le contrôle des mouvements de capitaux, particulièrement de court terme, suivant les politiques de l’Inde ou du Chili, ainsi que les conditions d’un commerce loyal, écartant toutes les formes de dumping, 

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Dimanche 17 mai 2009 7 17 /05 /Mai /2009 12:08

Un texte de Dominique TADDEI, économiste, altermondialiste que vous pouvez retrouver sur Alternatives Economiques.
La nouvelle dépression nécessite une stratégie mondiale de transformation

 

Les termes de récession et de crise ne suffisent plus. Ils sont évidemment exacts, mais sont devenus insuffisants pour caractériser la situation mondiale : la profondeur et la durée du recul général de l’activité économique et de l’emploi obligent à dépasser ces termes passe-partout que les professionnels de l’optimisme ont eu pourtant, par aveuglement ou par devoir, tellement de mal à accepter, il y a à peine quelques trimestres. A vrai dire, il suffit de lire les 320 pages du dernier rapport du FMI d’avril dernier, au demeurant d’un niveau d’intelligence et de documentation remarquables, pour se persuader que personne ne connaît rien de la suite des évènements, au-delà des prochains 18 mois, qui seront au moins aussi mauvais qu’annoncés : la rapidité de la contraction ; la concrétisation du risque de déflation des prix et des salaires ; la durée de la chute actuelle et son ampleur finale ; et encore plus, le retour à une complètement hypothétique reprise durable de l’activité. Tout au plus, deux évidences s’imposent à tous : d’abord, quand une crise est non seulement économique, mais aussi financière, il est beaucoup plus difficile et long pour en sortir ; ensuite, quand une contraction survient simultanément dans l’ensemble du monde, on ne peut évidemment pas en sortir par la reprise des autres pays et, à nouveau, ceci rend toute reprise plus difficile et plus lente que si les évolutions entre continents et entre nations sont simplement décalées dans le temps, comme c’est le cas, lors de la plupart des ralentissements cycliques. Pour faire image, on sait ainsi que nous ne connaîtrons pas une reprise en V (rebond aussi fort que la chute), mais au mieux en U (reprise lente et progressive) ; si nous avons provisoirement des éléments de reprise en W (reprise provisoire suivie d’une rechute), cela ne fera sans doute que masquer provisoirement un processus plus long en L, où toute reprise durable est renvoyée à l’avenir, aujourd’hui imprédictible, de la mise en œuvre d’un nouveau paradigme et d’un nouveau système. En réalité, on ne dispose d’aucun élément sérieux de prévision économique au-delà des deux ou trois prochains trimestres (qui seront plutôt pires qu’annoncés, comme ils l’ont toujours été depuis deux ans), pour la simple raison que tous les modèles existants sont construits pour simuler des chocs de petite ampleur, qui sont supposés se résorber par des oscillations amorties : or, nous sommes en présence de chocs de grande ampleur qui révèlent des non-linéarités, qui ne peuvent être modélisés au-delà des prochains trimestres. Autant demander à un météorologue quel temps il fera dans 15 jours ou dans un mois, il vous répondra qu’il lui est évidemment impossible de le prédire. Les économistes n’ont pas la même modestie intellectuelle, sans parler du devoir ( ?) d’espérer que leurs prévisions optimistes seront auto-réalisatrices, ce qui dans les circonstances actuelles ne peut qu’achever de discréditer grand nombre d’entre eux. La seule certitude présente est que nous sommes d’ores et déjà entrés dans une dépression mondiale dont la gravité ne pourra être finalement comparée qu’à celle des années 1930.

 

Certains économistes américains commencent d’ailleurs à se préoccuper de définir ce qu’est une dépression. Mais conformément à leur culture dominante, ils se préoccupent surtout de la dimension quantitative de celle-ci : ainsi, certains proposent d’appeler dépression un recul d’activité qui durerait au moins dix ans. Ceci aurait pour avantage de désigner la situation actuelle comme telle… avant 10 ans, retirant évidemment tout caractère opératoire à cette notion. Pour nous, la dimension qualitative est la plus importante et, nous proposons de considérer qu’une société est en dépression, quand la grande majorité de ses acteurs ne croient plus que celle-ci pourra reprendre le cours de son développement, selon le paradigme et les modalités précédents, sans qu’une alternative crédible à ceux-ci se dégage encore[1].

 

Sans doute, il existe deux ou trois éléments importants qui permettent d’espérer une issue moins tragique qu’entre les deux guerres mondiales : avant toute chose, la connaissance historique, savante et populaire, qui permettent d’éviter bien des circonstances aggravantes : ainsi, la nécessité de stimuler la demande plutôt que de l’étrangler, à travers les politiques monétaires et budgétaires, est admise par les plus dogmatiques « libéraux », partisans d’une économie de l’offre ; ou encore, le diagnostic très largement partagé de la responsabilité du système bancaire et financier dans le déclenchement, la propagation et l’aggravation de la crise ; ou, bien sûr, la nécessité d’une coopération entre Etats, plutôt que des rivalités, ou pire des confrontations entre eux. L’ensemble de ces prises de conscience a permis d’éviter la répétition de 1929 et du début des années 1930, et c’est pourquoi la chute de l’activité est moins violente qu’alors : mais le fait d’éviter ces circonstances aggravantes ne garantit pas pour autant que la profondeur de cette nouvelle dépression soit finalement moins vertigineuse qu’alors. Et ceux qui préfèrent encore parler de crise doivent bien admettre que celle-ci n’est pas simplement cyclique (comme on en connaît habituellement tous les 5-10 ans dans toute économie capitaliste), mais « systémique » (du type plutôt séculaire et dont on ne sort que par l’invention d’un nouveau système). Nous sommes donc en présence de la crise annoncée du système en place, celui de la mondialisation libérale, conduite depuis des décennies par l’impérialisme américain[2]. Or, ce système n’est évidemment plus celui des années 1920, malgré quelques traits de ressemblances, comme la dérégulation folle de l’accumulation financière ou les tensions entre impérialismes déclinants (hier le Royaume Uni et la France, aujourd’hui les Etats Unis) et émergeants (hier l’Allemagne et le Japon, aujourd’hui la Chine). Car, à côté de certains traits relativement rassurants ou de type semblable, que nous venons de rappeler, il en est certains qui sont encore plus redoutables qu’alors : il suffit de citer l’ensemble des défis environnementaux (climat, diversité biologique,etc.), qui nécessitent l’invention d’un nouveau mode de production, de communication et de consommation, autrement dit un véritable Big Bang, dès la conférence de Copenhague de décembre prochain ; ou, encore les risques abominables de la prolifération nucléaire ou du terrorisme biologique. Et, puisque le système qu’il s’agit de dépasser n’est finalement plus, à bien des égards, celui de l’entre deux guerres, il est vain de prétendre en poursuivre utilement la comparaison, sauf  à se convaincre qu’il faut, non seulement éviter 1939, mais aussi mieux réussir qu’en 1944-45, ce qui montre l’ampleur des transformations[3] à mettre en œuvre.

 

Il est, par contre indispensable, pour conjurer cette nouvelle dépression, de bien comprendre quelle est la nature profonde de l’échec de la période précédente. Or, pour s’en tenir à l’actualité économique et sociale, le plus frappant dans la formidable profusion d’écrits légitimement provoqués par l’aggravation continue de la situation, est qu’une véritable  césure se fait jour progressivement , quant aux causes essentielles de la rupture survenue depuis deux ans : d’un côté, ceux qui se focalisent sur les causes financières de la crise ; de l’autre, ceux qui en perçoivent le caractère multidimensionnel, en particulier les dimensions sociales, écologiques, démocratiques, culturelles et géo-politiques…

 

Derrière les vices de la finance, le caractère non soutenable d’une économie d’endettement :

 

Bientôt tout aura été dit sur les perversités du système financier en perdition, y compris par ses anciens zélateurs et profiteurs, même si faisant mine de brûler ce qu’ils ont hier adorés, certains ne pensent qu’à perpétuer leurs gains pharamineux par d’autres voies ou, un peu plus tard, par les voies anciennes : après tout, quelques grands scandales récents ne sont que des mauvais remakes de bien vieilles escroqueries, datant d’un ou plusieurs siècles, et il suffirait pour les renouveler, d’attendre que le traumatisme s’efface. D’autres plus lucides se disent qu’il faut amender le système de la façon la plus spectaculaire qui soit (voire la belle mise en scène du dernier G20 !), pallier effectivement les plus évidentes défaillances de marché, faire semblant pour d’autres (les « paradis fiscaux » mystérieusement disparus depuis le mois dernier, les hedge funds littéralement caressés par les propositions de la commission Barroso, etc.) et la confiance revenant – car celle-ci serait un phénomène purement cyclique, dénué de tout effet d’apprentissage collectif -, il suffirait de miser sur la même crédulité des mêmes gogos -, la fameuse reprise serait de retour, quitte à déplorer quelques victimes collatérales dans la gente financière, mais rien de comparable à celle rencontrée par les éternels exclus du tiers monde ou des travailleurs des pays les plus « avancés » (on ne dit généralement pas dans quoi), frappés par un phénomène de paupérisation absolue, inconnu depuis trois quarts de siècle.

 

Or, la complaisance avec laquelle tous les commentateurs étale aujourd’hui les turpitudes de la finance internationale devient telle que ceux qui dénonçaient de longue date les prédateurs financiers quand il était de mode de les encenser, ne doit pas empêcher de les ramener à leur juste place, qui est assez condamnable pour ne leur infliger une « double peine », en en faisant les boucs émissaires d’une crise dont les causes sont en réalité bien plus profondes. Car, la panne actuelle de l’activité mondiale est moins celle de l’offre de crédit, qui légitimerait les montagnes de milliards que l’on octroie précisément à ceux que l’on accuse…, mais la demande de crédit ! Au-delà des besoins évidents de trésorerie des ménages et des très petites entreprises, ceux-ci n’ont, dans leur très grande majorité, aucune intention d’investir au-delà du strict nécessaire, quand l’horizon est aussi bouché. Tout au plus, quelques charognards (mais c’était, paraît-il, le propre d’homo sapiens à ses origines) font quelques rallyes, au détriment des agonisants de la spéculation précédente, c’est ainsi que les marchés financiers connaissent des oscillations permanentes de « reprise technique » et de « prises de bénéfices » sur un fond permanent de dépression.

 

Mais si on veut espérer un redressement durable de l’activité, il faut commencer par se demander pourquoi l’ensemble du système financier mondial, tous acteurs confondus, a pu prêter de façon si longtemps de manière si excessive.

 

L’économie d’endettement est le corollaire d’une mondialisation sans règle.

 

La raison simple de cette systématisation d’une économie d’endettement depuis trente ans est tout simplement que la grande masse des personnes et des entreprises qui voulaient dépenser (et qu’une publicité outrancière poussait à dépenser) n’avait pas les revenus suffisants pour le faire, sans recourir au crédit ! Depuis 15 ou 30 ans, suivant les références choisies, la productivité n’a cessé de croître, voire de s’accélérer, à travers l’extension des nouvelles technologies de l’information et de la communication (« la nouvelle économie » qui nous promettait, il y a moins de 10 ans, un monde désormais sans crise) ; dans le même temps, les salaires réels ont stagné ! Partout dans le monde, la part des salaires s’est réduite au détriment des profits, jusqu’à 10% de la valeur ajoutée du pays ; encore comptabilise t’on parmi les premiers, les salaires des grands dirigeants qui ont monté en flèche ! Aux formidables différences de niveau de vie entre pays riches et pays pauvres se sont ainsi désormais ajoutés les différences croissantes de revenus et surtout de patrimoines au sein de chaque pays.

 

Ce formidable développement des inégalités, nous a ramené, en une vingtaine d’années, au nom des « réformes », qui étaient stricto sensu autant de contre-réformes (retour sur les acquits sociaux de la période antérieure), à la situation d’avant la première guerre mondiale, effaçant donc l’essentiel des conquêtes sociales arrachées par le monde du travail après chacune des deux guerres mondiales. Le mécanisme inexorable, mais insidieux, de cette régression est simple : le partage de la valeur ajoutée est toujours le résultat d’in pouvoir de marchandage ou rapport de force entre les représentants du travail et ceux du capital sous toutes ses formes (financier, mais aussi culturel et relationnel, pour tenir compte des analyses de Bourdieu). Dans une économie ouverte, les premiers sont très majoritairement confinés dans leur pays d’origine, alors que les seconds peuvent toujours trouver un territoire plus attractif en termes de rémunération, se laissant tenter par toutes les formes de dumping, de devises, de revenus, d’impôts, d’environnement, etc. Dès lors, la partie est nécessairement inégale au détriment des « facteurs immobiles » et à l’avantage des « facteurs mobiles ». Pour ces derniers, le taux croissant d’exploitation (car se développe alors une situation « néo-marxienne », qui bi-polarise de plus en plus nos sociétés sur un schéma qui rappelle le 19ème siècle[4]) ne comporte qu’une difficulté, mais elle est incontournable : trouver des débouchés pour la production supplémentaire issue des gains de productivité. Pendant longtemps, le recours à l’endettement a ainsi constitué un report continuel de cette contradiction majeure de tout capitalisme livré à ses propres démons : le système financier a alors commencé à prêter largement aux plus solvables, ce qui s’est fait sans trop de difficultés. Mais, bientôt cela n’a plus suffi : les besoins d’une clientèle nouvelle (quitte à ne pas satisfaire les besoins primordiaux de ceux-ci) ont, esprit de lucre aidant, conduit à forcer l’endettement de ménages de plus en plus modestes, jusqu’à ceux qui manifestement ne pouvaient pas avec leurs salaires de misère devenir propriétaires de leurs logements. Le seul fait qu’aujourd’hui les pouvoirs publics prétendent, dans de nombreux pays, réglementer (deux ans après l’éclatement de la crise des subprimes) le crédit à la consommation sonne comme aveu de la complicité antérieure entre les financiers et l’ensemble du patronat, qui n’a cessé de pratiquer depuis 30 ans l’austérité salariale.

  

Ainsi, la cause première du développement inconsidéré de cette économie d’endettement, qui a entraîné le monde dans cette nouvelle dépression, est évidemment la mondialisation sans règle, qui s’est progressivement mise en place à partir des années 1970, sous l’impulsion de l’administration américaine, d’abord sous Nixon et Kissinger pour détruire le système de Bretton Woods, ensuite avec Volker, patron de la Fed, pour imposer le monétarisme (la primauté de la lutte contre l’inflation au détriment de l’emploi, sous la présidence démocrate de Carter), les deux fois, on le remarquera, quelques mois avant les chocs pétroliers de 1973 et 1979. Il est à peine besoin de rappeler que le reste du monde, à commencer par les pays européens et les instances communautaires, se sont à chaque fois alignés sans faire de résistance, allant parfois jusqu’à surenchérir sur la volonté américaine.

 

Mais désormais la boucle est bouclée : on peut crier haro sur le baudet de la finance, qui certes le mérite bien, le capitalisme mondialisé ou, plus précisément l’impérialisme américain hégémonique se trouve face à lui-même : certes, il lui faut réparer la finance, en essayant d’en faire payer la terrible facture à la masse des citoyens. Mais cette condition nécessaire énoncée au G20 de Londres ou dans le dernier rapport du FMI, qui y fait écho, ne constituera pas la condition suffisante, à supposer même qu’on l’applique sérieusement, ce qui est loin d’être acquis : à supposer que la production mondiale redémarre (pour le moment, on se demande bien pourquoi), quelle demande solvable permettrait de l’absorber ? C’est à cette question que doivent être capables de répondre l’ensemble des forces progressistes, syndicales et mouvementistes, du monde entier, tant il est vrai qu’au niveau global l’anticipation d’une demande solvable précède évidemment l’offre.

 

Quelle stratégie de sortie de crise par le haut ?

 

D’innombrables contributions, personnelles ou collectives, fusent à travers le monde. Mais l’heure n’est plus au lancement d’un concours d’idées sur les meilleures recettes pour une sorite de crise « par le haut » : il y a déjà bien longtemps qu’à travers le monde beaucoup de militants et d’intellectuels avaient anticipé la catastrophe en cours, et avancé d’hypothétiques solutions ; depuis près de deux ans et le déclenchement de la crise des subprimes, les réunions et autres échanges se sont légitimement multipliés et, malgré toutes les contradictions, ont suscité les esquisses de dépassement et de synthèse nécessaires, tant il est évident que les meilleures idées ne s’imposeront pas si des rapports de force ne sont pas rapidement établis à l’échelle mondiale, ce qui suppose que chacun sache renoncer, au moins provisoirement, à ses idées particulières, pour faire les compromis nécessaires à la mise en place d’une véritable stratégie alternative, à l’échelle de la planète.

 

En ce mois de mai 2009, cinq textes peuvent et doivent servir de référence :

-          trois ont pour immense avantage d’émaner d’instances mondialement reconnues, avec l’inconvénient corollaire, qui les a parfois contraint a des concessions nécessaires pour être validés : il s’agit du rapport Stiglitz, commandé par le président de l’AG des Nations Unies ; du rapport de l’OIT, qui préconise un « plan mondial pour l’emploi » et du dernier rapport de la CNUCED.

-          Deux émanent des principales forces militantes qui peuvent contribuer à imposer un nouveau paradigme : ils ont pour eux la force de la conviction et la faiblesse corrélative de ne pas embrayer directement sur les instances officielles de décision : il s’agit d’une part des conclusions du rapport du Forum Social Mondial de Belem, développé depuis lors par les économistes des mouvements ATTAC et d’autre part du rapport inter-syndical, rendu public à la veille du G 20 de Londres par la Confédération Internationale des Syndicats

 

Il faut souligner que dans les deux types de textes, les préoccupations sociales, altermondialistes, démocratiques et écologiques sont les mêmes, quoique dans des proportions évidemment bien différentes, suivant la vocation première de chacune des institutions rédactrices. Le moment est donc crucial pour que les deux grandes forces militantes convergent, afin que les institutions officielles, relevant toutes les trois du système général des Nations Unies finalisent, si possible en commun, leurs propositions, dès la session extraordinaire du début juin, puis imposent leurs solutions au mois de septembre, afin que le G 20, qui se réunira immédiatement après, et confronté à l’absence d’efficacité des promesses de Londres, soit dans l’obligation d’en retenir une première série de propositions, en attendant que la suite des évènements les conduisent à aller plus loin.

 

Vision optimiste ? Mais qui ne comprend que de nouveaux rapports sociaux, qu’un autre monde ne sont possible que si les préoccupations de toutes les forces militantes s’agrègent le plus vite possible ?

 

Syndicalistes et altermondialistes, unissez vous !

 

Domi Taddei



[1] Une telle définition, qui rappelle celle qu’Antonio Gramsci donnait de la crise, avant que ce terme soit rendu ambigu par ses interprétations cycliques, évite de s’enfermer dans la seule dimension économique, alors que, dans ses causes, son déroulement et ses effets, on est évidemment en présence d’un phénomène multi-dimensionnel. On pourrait parler d’une approche psycho-sociologique, d’inspiration post-keynésienne, en considérant que les animal spirits, chers à Joan Robinson, ont connu une mutation irréversible !

[2] Cf. notre contribution précédente « après le G20 de Londres »

[3] L’expression a le mérite de ne pas s’enfermer dans la vieille opposition, si souvent stérile, entre réforme et révolution, si galvaudée l‘une et l’autre.

[4] Le véritable archaïsme n’est pas celui de ceux qui en retrouvent les accents, mais de ceux des dirigeants et des capitalistes, qui en ont réactualisé les paroles !

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Samedi 14 mars 2009 6 14 /03 /Mars /2009 21:56
article de Dominique TADDEI

Nous sommes en 1933. Nous avons certes évité, l’expérience aidant, les manifestations les plus dramatiques de 1929. Mais rien n’indique que nous sachions éviter celles de 1939 et leur cortège d’abominations. Et tout reste à faire pour réussir, dans trois mois ou dans un an, ce qui a été en bonne partie raté en 1944, à Bretton Woods.

 

Car la crise actuelle est à la fois mondiale et multidimensionnelle. Elle plonge l’ensemble de l’humanité dans une grande dépression, dont l’issue est imprédictible : elle peut aussi bien déboucher sur le pire, le développement des pulsions xénophobes comme dans la deuxième moitié des années 1930, ou, au contraire, faciliter la mise en œuvre d’un altermondialisme, dont les contours s’esquissent progressivement.

 

Une nouvelle grande dépression :

 

Le mot crise est ambivalent. Il peut traduire un moment pénible, d’où on ressort « comme si de rien n’était », voire, soutiennent les masochistes, plus forts qu’avant. D’un point de vue macroéconomique, c’est le moment de retournement à la baisse de l’activité, qui survient tous les 5 ou 10 ans, de façon plus ou moins violente, suivant que les cycles sectoriels (notamment celui de la construction) se conjuguent plus ou moins intimement. Mais le mot crise revêt aussi un autre sens, plus structurel, qui vise tout un système, d’où le nom de crise systémique. Celle-ci peut durer un temps indéfini, tant qu’un nouveau système cohérent n’est pas mis en place. Faut-il rappeler qu’en 1938, il y avait toujours neuf millions de chômeurs aux Etats-Unis, malgré 5 ans de New Deal de Roosevelt et que le monde ne sortit de la « grande dépression » que pour tomber dans la seconde guerre mondiale ? Or, 18 mois après l’éclatement de la crise des subprimes, à l’été 2007, il devient évident pour un nombre croissant de citoyens et de décideurs, que celle-ci n’est pas simplement cyclique, mais qu’elle est essentiellement systémique. Déjà, le qualificatif de récession, définie par deux trimestres de suite de recul du PIB, est dépassé. La profondeur de celle-ci est sans cesse réestimée : au moins 2 ou 3%, en 2009, ce qui entraînera mécaniquement une aggravation dramatique du chômage dans les trois ou six mois suivants, avec son cortège de souffrances sociales supplémentaires ; plus grave encore est la question de la durée de la contraction de l’activité : tous les « prévisionnistes » qui n’avaient rien prévu de ce qui se passe, sont dans l’incapacité de le dire, pour la simple raison que leurs modèles sont construits sur une extrapolation de comportements de dépenses qui sont manifestement bouleversés dans un contexte sans précédent. Dès lors, la question essentielle pour l’ensemble des citoyens est d’intérioriser le fait que l’activité productive ne repartira pas durablement dans le cadre du système financier néo-libéral moribond et d’en tirer toutes les conséquences, politiques et autres.

 

C’est très exactement ce que signifie le terme de crise systémique, crise d’un système dérégulé qu’il est vain d’amender à la marge, comme l’espèrent encore un trop grand nombre de décideurs des pays anglo-saxons (américains, britanniques, canadiens ou australiens) et les financiers du monde entier, inconscients du fait que ce système est condamné à disparaître, de gré ou de force. La raison la plus profonde en est qu’il ne s’agit plus désormais de vœux pieux de leurs adversaires (qui n’ont pas attendu 2007 pour proclamer qu’un « autre monde est possible»), mais de la conviction intime qui dicte le comportement effectif des principaux acteurs économiques, même quand ceux qui maîtrisent les médias affirment le contraire, par ignorance ou parce qu’ils connaissent les effets auto-réalisateurs des anticipations. Ainsi, la grande majorité des grands (ir)responsables de la finance privée est mieux placée que personne pour savoir à quel point, dans le cadre du système actuel (ses actifs trop complexes pour ne pas être pourris, ses régulateurs directement intéressés aux bénéfices, ses paradis infernaux…), il leur est impossible de faire confiance à quiconque : les grandes banques ne se prêtent plus de l’argent au jour le jour ; quant à leur partenaire de club, il est peut être en train de les escroquer… Ainsi la dépression dans laquelle le monde entier vient d’entrer est un phénomène collectif, fait de la multiplication des dépressions individuelles, qui vient aggraver chacune d’entre elles. Or, un tel climat de défiance généralisée ne peut se retourner durablement, même si on peut avoir, de temps à autre, quelques semaines d’illusions : quelques audacieux tenteront une sortie le temps de faire quelques bonnes affaires à prix cassé, avant de prendre leurs bénéfices et de rentrer dans leurs tanières. L’ensemble des décideurs financiers s’est laissé prendre, pour la première fois depuis trois générations le dernier précédent remontait aux « années folles », les années 1920, dans l’illusion que les arbres pouvaient croître jusqu’au ciel et que des rendements financiers d’au moins 15% chaque année pouvaient indéfiniment se perpétuer. Ils sont cependant capables, pour la majorité d’entre eux, d’effets d’apprentissage et, malgré les plus beaux discours, on ne les y reprendra plus : d’où leur vol éperdu vers la qualité (flight to quality) de leurs placements, entendez par là vers la garantie des Etats, et encore seulement des trois plus grands d’entre eux : car, en dehors du dollar, de l’euro et du yen, toutes les autres monnaies sont menacées d’effondrement, y compris en Europe, de l’est au Royaume Uni. Le comportement rentier a logiquement pris le pas sur les comportements innovateurs dans un système qui ne génère plus que l’aversion pour le risque : trop de cupidité a tué la cupidité, du moins au niveau collectif, interdisant l’auto-résurrection du système anciennement néo-libéral et qui est devenu celui d’un interventionnisme compulsif et sans principe.

 

Les « plans de relance » ne relancent évidemment rien, tout au plus permettent ils des sauvetages, plus ou moins provisoires, d’entreprises ou de secteurs (quid, dans les semaines à venir, des banques anglo-saxonnes ou de General Motors ?)  et, au plan global, peuvent ils freiner la chute de l’activité, durant quelques trimestres. Or, ces politiques néo-keynésiennes primaires (qui n’ont au mieux retenu qu’un chapitre ou deux de sa « théorie générale ») ne peuvent être pérennisées que par la création monétaire, mettant à mal le premier credo du libéralisme économique, le « monétarisme » de l’école de Chicago. De nos jours, les objections ne sont plus matérielles (il n’est plus besoin de « planches à billets », de simples « clics » suffisent pour créer de la monnaie) ou même idéologiques : le risque inflationniste à long terme n’a aucun sens face à la réalité de la déflation et il serait toujours loisible aux banques centrales de retirer de la circulation la monnaie excédentaire, dans l’hypothèse heureuse d’un redressement durable de la demande.

 

Trois limites beaucoup plus sérieuses relativisent les effets à attendre de ce néo-keynésianisme primaire : la première est que la poursuite de cette politique de relance est bornée pour l’immense majorité des pays, par le montant de leurs réserves de changes, sous peine d’effondrement de leur monnaie. La seconde est que, dans les grandes zones monétaires elles-mêmes (où le risque précédent ne se pose pas sérieusement), l’efficacité des politiques de soutien à l’activité est souvent mal ciblée : quand elle prétend stimuler l’investissement de ceux qui ne veulent pas investir, elle se contente faire des cadeaux au patronat, comme c’est notamment le cas en France ; quand elle propose une relance indistincte de la consommation (telle une baisse générale de la TVA au Royaume Uni), elle n’est que partiellement répercutée, du fait de l’augmentation des marges des entreprises et de l’épargne des ménages aisés. C’est pourquoi, il faut ici affirmer avec l’ensemble des syndicats et des mouvements sociaux que les mesures les plus justes, hausse des minimas sociaux et des bas salaires (compensée par l’Etat dans le cas des très petites entreprises), sont en même temps, dans la situation actuelle les plus efficaces par la rapidité et l’importance de leurs effets sur la demande, l’activité et l’emploi, en attendant que des investissements publics et des logements sociaux, fortement économes en énergie, puissent être concrètement engagés. La troisième est qu’au niveau atteint par la division mondiale du travail, il ne peut y avoir de solution à l’échelle nationale ou même continentale et que personne ne peut espérer sortir de la crise pendant que le reste de la planète s’effondre.    

 

C’est pourquoi, il est urgent à l’échelle de celle-ci, de poser tout à la fois les bases d’un nouveau système de développement authentiquement durable et les moyens de financement immédiats de sa mise en œuvre. Pour cela, il serait préférable, puisqu’on prétend « redécouvrir » Keynes, de s’inspirer des efforts qu’il mena jusqu’à sa mort, pour un nouveau système monétaire international, fondé sur une monnaie mondiale (qu’il proposait d’appeler « bancor », mais qui existe déjà sous la forme des Droits de Tirage Spéciaux du FMI). Il faut toutefois se souvenir que l’administration américaine s’y opposa en 1944, dans le but de perpétuer l’hégémonie de son pays et de ses multinationales : d’où toute l’ambiguïté des appels incantatoires à un nouveau Bretton Woods. Car la question essentielle d’un « autre monde » est d’abord géopolitique, déterminée par les décisions des grandes puissances et les mouvements progressistes (syndicaux et altermondialiste) ne peuvent espérer l’influer, sans avoir la lucidité de se poser la question des alliances nécessaires à la mise en œuvre d’une stratégie globale de transformation.  

 

Combattre le risque xénophobe :

 

Bien entendu, cette légitime défiance généralisée à l’égard de la vieille mondialisation ne concerne pas les seuls financiers qui finissent d’enterrer le veau d’or qu’ils ne peuvent plus adorer, mais toutes les parties de nos sociétés, à commencer par les plus fragiles, les plus nombreuses et les premières victimes de la dépression dans laquelle le monde entier s’enfonce. Les relents nationalistes sont d’abord ceux des dirigeants politiques, surtout pressés d’utiliser leurs plus ou moins grandes marges de manœuvre pour renflouer leurs « champions nationaux », entendant par là leurs amis politiques ou personnels, quand il ne s’agit pas de les installer dans la place comme le fait Sarkosy dans les groupes bancaires mutualistes.

 

De leur côté, sous informé et trop souvent manipulé par les médias, toujours au service des grands groupes financiers, l’ensemble du monde du travail, du lycéen au retraité, en passant par le salarié, le travailleur individuel et le chômeur, se trouve désormais au cœur des contradictions, l’acteur essentiel de que sera la sortie de crise, l’émergence d’un nouveau système, pour le pire ou le meilleur. Quand les carnets de commande se vident, quand les perspectives d’emploi se rétractent, les tentations de sauve qui peut égoïstes et la recherche de boucs émissaires relèvent des réflexes primaires. La voie en est d’autant plus facile qu’il se trouve inéluctablement des apprentis sorciers, à l’extrême droite, mais aussi bien en deçà, pour en accroître la tentation ; sans compter les idéologues du libre échange, qui, en niant le besoin élémentaire de protection des plus exposés, ne font que souffler, plus ou moins inconsciemment, sur les braises. Or, ce n’est pas de néo-nationalismes, mais d’altermondialisme, que le monde du travail a besoin.

 

La première urgence est de manifester la solidarité de l’ensemble du monde du travail et de ses organisations, au plan national et international, et de l’imposer au patronat et aux instances européennes qui parlent de compétitivité, quand ils pratiquent ou encouragent la surexploitation de la main d’œuvre étrangère, à travers leurs lois scélérates contre les immigrés : les employeurs de main d’œuvre étrangère doivent avoir les mêmes obligations - mêmes droits et mêmes salaires - qu’à l’égard des travailleurs nationaux, sous peine de sanctions civiles et pénales, et cela pour les donneurs d’ordre autant que pour leurs sous-traitants. Quand l’ensemble des commandes s’effondre et que les stocks d’invendus s’accumulent, il devient absurde de parler de compétitivité et de parts de marché : c’est l’ensemble des besoins, à commencer par les plus urgents, qu’il faut solvabiliser au niveau global (cf. infra).

 

Plus largement, le temps du libre échange déloyal, fondé sur les dumpings monétaires, sociaux, écologiques et fiscaux, doit être révolu. L’alternative n’est évidemment pas le repli nationaliste, impraticable au niveau atteint par la division mondiale du travail. Mais l’enterrement officiel du « cycle de Doha » et le remplacement de l’Organisation Mondiale du Commerce par une institution nouvelle, placée sous l’égide des Nations Unies, respectant sa charte fondamentale et coopérant avec l’ensemble de ses autres institutions (BIT, FAO, OMS, etc.), permettront de définir les conditions d’une reprise d’un commerce loyal (« fair trade »), à l’échelle mondiale.     

 

Esquisse d’une autre mondialisation :

 

Car la meilleure antidote, face à la xénophobie, est la perception claire qu’une sortie « par le haut » de la crise actuelle est possible et même que les premières améliorations substantielles sont à portée de la main. A cet égard, les difficultés de positionnement sont nombreuses : il ne s’agit pas de charger la barque, au risque d’entraver les mesures d’urgence, mais de comprendre que la nature de la dépression actuelle interdit d’en sortir autrement que par une stratégie multidimensionnelle de transformation. Face aux urgences de toute sorte et à la montée des périls xénophobes, le temps n’est pas celui des utopies. Il faut certes réaffirmer avec plus de vigueur que jamais la complémentarité entre les grandes valeurs issues successivement du siècle des Lumières, des luttes du monde du travail et de la prise de conscience écologique. Il faut également énoncer quelques grands objectifs de portée universelle, qui donneront tout leur sens aux mesures décidées à court et moyen terme. Mais il faut surtout définir collectivement une stratégie globale de transformation, qui articule celles-ci de façon cohérente.

 

Ces politiques concernent non seulement le domaine monétaire et financier, mais aussi les domaines géo-politique (réforme du système des Nations Unies et mise sous tutelle de l’OTAN), alimentaire, du développement durable (transformation des modes de production, d’échanges et de consommation, afin de garantir la maîtrise du climat et de la bio-diversité), social (éradication de la pauvreté, plein emploi de qualité et réduction drastique des inégalités), citoyenne (droits de l’homme et rôle des sociétés civiles dans des démocraties à la fois plus représentatives et plus participatives), culturel (lutte contre toutes les discriminations)…

 

Le texte joint, dont la première version a précédé l’éclatement de la crise des subprimes, propose une première esquisse, qui s’inscrit dans la même logique que les conclusions du récent Forum Social Mondial de Belem.

 

 

D. Taddei


 

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Mardi 2 septembre 2008 2 02 /09 /Sep /2008 22:11

Rencontre de Pigna 16/07/2008

Cette rencontre avait pour objet la validation et l’amélioration par les participants du texte de nature programmatique « Corse 2030 ». Eléments de réflexions, plate-forme ou plutôt véritable réappropriation économique, démocratique, sociale et  écologique dont nous avons tous besoin ?

 

 

Dominique TADDEI  trace une analyse de la mondialisation en crise : crise financière, crise alimentaire, crise sociale. Sommes-nous à la veille d’une grande rupture ? Malgré la remontée du militantisme, il existe réellement un problème de blocage politique des appareils politiques. L’appel lancé par POLITIS ressemble plutôt à un appel de cartels d’appareils. En même temps en Corse tous nous constatons  la montée de la société civile (droits de l’homme, collectifs de défense, écologistes...) qui se heurte tant aux archaïsmes de gauche que de droite et ne trouve pas le moyen de s’exprimer politiquement.

 

Toni CASALONGA explique comment en Catalogne se sont retrouvés des citoyens d’horizons très divers dans « convergences democratica « pour trace ensemble des perspectives politiques.

 

Sampiero SANGUINETTI explique que son approche des raisons de l’apathie économique n’est pas partagée par tous (cf « Corse le syndrome de Pénélope » Albiana). Les cercles de réflexions permettent de mobiliser sur les grands thèmes, telle la question du clientélisme favorisé par la structure institutionnelle française et qui devient la voie incontournable pour celui qui veut être élu. Derrière de clientélisme se cache le clanisme. Autre grand thème la méditerranée. Aujourd’hui alibi pour justifier les quotas d’immigration et les seuls intérêts de l’Europe. Quelle place pour une coopération entre ses rives ? La question du développement et du tourisme sont des thèmes essentiels. Comment envisager l’activité touristique sans être capable le satisfaire les besoins de la population touristique (dont l’approvisionnement alimentaire par des produits de terroir) et donc comment sauver le foncier pour sauver l’agriculture ?

 

Hélène SANCHEZ regrette l’absence de Françoise TOMEI  et de Dominique MAUNY qui auraient pu développer  leurs idées sur les questions de migrations et de métissage.

 

Fanfan GRIFFI exprime la formidable attente qu’il existe dans notre société : attente de rupture avec les pratiques clanistes, attente pour « faire autrement ».Ce temps de la rupture est venu. Notre socle c’est la Corse, il existe une véritable passion pour notre ile. Il n’y a qu’a voir le succès rencontré par les activités proposées de connaissance  du patrimoine et de la culture corse (des tortues aux arts du feu en passant par le chant ). Oui il y a nécessité de s’ouvrir aux autres. Il n’y a pas d’avenir sans métissage, c’est une voie qui peut remettre en route notre société et l’éloigner de ses vieux démons.

 

Pour Jean Louis MORETTI  l’individu seul peut beaucoup, souvent l’on pense à tord que seul le collectif prime. L’absence de programme s’explique : est-il utile d’avoir un programme avec un fonctionnement claniste ? Ce ne sont pas les documents, les études ou les financements qui manquent c’est avant tout l’imagination c'est-à-dire les idées. Il existe un malentendu avec le tourisme : en 1993 le plan de développement appréciait le tourisme comme «  un mal nécessaire ». En 2008 avec le PADDUC il devient « une formidable opportunité ». On oublie que contrairement a d’autres contrées, 95 % de l’appareil touristique est de maitrise locale ! La dérive en Corse comme dans le monde c’est l’immobilier avec tous ses défauts et cela met l’opprobre sur cette activité économique qu’est le tourisme.

Nous constatons une accélération de l’aliénation du foncier. Des terres agricoles sont vendues par des agences immobilières ce qui est nouveau .La CTC pose par la voie de ROCCA SERRA la question de la dé-sanctuarisation de la CORSE. Il ne peux y avoir d’économie durable sans aliénation du foncier par la collectivité (droit de préemption  ou rachat par organisme public). Des outils régionaux existent ou ont existés. Comment créer une synergie entre agriculture et tourisme ? C’est l’hôtellerie qu’il faut développer pas l’immobilier.

 

Hélène SANCHEZ indique qu’il existe des propositions d’aliénations publiques (cf grenelle environnement à Corte : propositions des associations).Elle pose la question du tourisme équitable NORD-NORD (pas seulement nord-sud) avec une filière labellisée qui ferait la différence dans la destination.

 

Dominique TADDEI se prononce pour un élargissement Européen constitutionnel progressif des peuples de la méditerranée et contre la notion de souveraineté. Il préconise pour amorcer le dépérissement du clanisme la fin du cumul des mandats et des fonctions dans le temps dans l’espace et l’exigence d’une véritable parité (cf texte « la démocratie une idée neuve » ou « en finir avec le clientélisme » sur contra focu).

 

Concernant l’approche économique, il indique que se qui compte aujourd’hui est une économie « présentielle » c'est-à-dire l’attractivité d’un territoire (trouver un emploi de qualité ou des moyens de vie honorables). Le critère principal est le revenu pas la production. La Corse bénéficie d’une attractivité de type identitaire(+de 4500 habitants de plus par an depuis dix ans). La Corse est au 12é rang pour les revenus alors qu’elle était au 22 é il y 10 ans).

 

La discussion s’engage sur la production identitaire telle celle du vin corse symbole de réussite économique et qui résiste aux crises actuelles du vin. Le circuit court en économie doit être valorisé car moins polluant (absence de transports, pourvoyeur d’emplois…).

 

Elisabeth souligne l’importance de l’éducation dans notre région, trop de jeunes partent de l’école sans diplômes attiré par des emplois saisonniers qui fera d’eux des travailleurs précaires. L’éducation est un véritable investissement pour l’avenir.

 

Pour Sampiero SANGUINETTI  le défaitisme est trop présent. Le bilan des 50 ans passées relève des éléments prés positifs tels le statut, l’université, l’audiovisuel ; les musées…Concernant l’agriculture, la CTC n’a pas de véritable politique agricole. Elle ne veut pas des agriculteurs car leur profession gène la spéculation foncière.

 

Fanfan GRIFFI se prononce pour un maillage Public-Privé dans les investissements productifs. On doit aider les entreprises qui investissent dans des projets orignaux et créatifs à long terme car elles manquent alors de fonds propres. Notre exigence doit être la qualité.

 

Dominique TADDEI s’interroge sur les moyens à mettre en œuvre pour faire pression sur la grande distribution. L’idée de consommer « corse » doit progresser. Le produit « corse » lorsqu’il existe est consommé. Des exemples de produits de grandes qualités trouvent  acquéreurs malgré un prix élevé sont cités : fromages, vins…

 

La question des ressources pour la corse est alors soulevée par Hélène SANCHEZ. Quelles ressources pour quel développement ? La taxe sur les transports est elle un impôt archaïque ou moderne ?  Les éco taxes développées par certaines iles (Sardaigne, Baléares) sont elles des exemples ? Il est à souligner que la taxe sur les transports aurait été un impôt affecté qui a perdu sont affectation !!! et que cette taxe fixe est la même pour un Bastia-paris que pour un Bonifacio-Santa Teresa. Que dire de la TIPP (produits pétroliers) affectée au budget régional qui augmente au même rythme que les prix du baril ? Parmi les taxes a réformer les taxes aéroportuaire qui représentent 1/3 du billet et qui ne sert qu’a financer des emplois qui ne paraissent pas avoir beaucoup d’utilité.

Quelles réponses aux urgences de la précarité, de la demande en logements sociaux, quelle répartition de la richesse pour un saut quantitatif ?

 

Sampiero pose la problématique de l’eau, véritable pétrole en Turquie qui la vend à toute la méditerranée alors qui en Corse elle peu valorisée. Il n’existe pas une politique cohérente de l’eau malgré la présence de l’Office hydraulique (a noter les travaux de l’université de l’eau à Corte).

Philipe OLLANDINI exprime le nécessaire questionnement dans un programme sur les questions de la ruralité, la solidarité du territoire pour résoudre durablement la désertification.

 

Sur la question des territoriales on sait qu’il n’y aura pas de modification de mode de scrutin. Certains pensent déjà au 3eme tour, ce qui est un déni de démocratie. Comment interpeller sur les questions de fonds, proposer une réflexion au débat, transformer les combats en débats ?

 

Fanfan GRIFFI pose la question du courage de « dire les choses, aborder les sujets qui fâchent, rompre avec une société de plus en plus névrosée ».Il existe un véritable besoin d’expression politique. Contra Focu en est l’exemple. Remplacer le slogan par le débat, avoir une démarche non partidaire, exprimer sa liberté...tout un programme.

 

Il a été décidé de diffuser le texte « corse 2030 » amélioré par notre débat dès septembre 2008, il sera soumis à des associations, groupes de réflexions et adressé aux principales forces de gauche et progressistes. Des textes seront mis en annexes pour completer).

Peut être faudra t-il faire preuve d’imagination pour formuler les idées ; les synthétiser, donner un nom à cette démarche, agrandir le cercle de la rencontre...La volonté politique peut changer la donne, un processus de  réappropriation économique qui mêlerait création et métissage est possible.

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Dimanche 22 juin 2008 7 22 /06 /Juin /2008 21:17
BASTIA mardi 17 juin 2008
Cher(e)s ami(e)s,

Je te convie à participer à la journée de réflexion organisée par la
Coordination Corse De La Gauche Alternative  qui se tiendra le

Mercredi 16 juillet 2008
à partir de 9 h
à la Casa Musicale à PIGNA

Pour une stratégie de transformation, "corse 2030 "

Perspectives pour les élections régionales

Appel de Politis

Un repas en commun sera pris à Midi  merci de m'indiquer votre participation ( Hélène 06.71.81.23.84.)
fin des travaux prévue à 17 h


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Lundi 7 avril 2008 1 07 /04 /Avr /2008 23:24

La réunion de CORTE du 29 mars 2008 a permis d’analyser la situation politique après les élections municipales tant au niveau national que régional et de tracer quelques perspectives pour notre coordination corse.

 

Au plan national, la Gauche alternative représentée par de multiples collectifs (collectifs unitaires) répartis sur tout le territoire a conclue nombre d’accords avec la LCR mais aussi avec des listes d’union de la gauche, avec les alternatifs. Des résultats honorables sont constatés :  31 élus, présence dans 57 listes sur les 107 présentées par la LCR et 17 avec les listes unions de la gauche( pcf, écologistes, ps). A noter l’abstention dans les quartiers populaires lorsqu’il n’y a pas d’enjeux importants et cela même s’il existe un capital sympathie pour les militants des collectifs.

 

Malgré l’optimisme affiché du PCF, le déclin électoral amorcé en 1978 continue. Le congrès de Décembre ne devrait rien changer. La LCR tente de lancer son Nouveau Parti Anticapitaliste. La Gauche alternative est une organisation non-partidaire. De nombreux militants ayant une culture libertaire, il y fort à parier que l’intégration à ce nouveau parti ne sera pas envisagée.

Le PS confirme sa place de parti d’élus et il ne semble pas y avoir d’espace pour le débat. Il s’agit donc de prendre la mesure de la difficulté à organiser des « états généraux de la gauche de transformation sociale » en l’absence de dynamique des forces de gauche par ailleurs peu enclines à se fédérer.

 

Une poussée de l’extrême gauche prend corps en Europe, il serait peut être temps de constituer des plates formes revendicatives européennes (avec certaines ONG, ATTAC..) pour préparer une riposte idéologique en vue des élections européennes.

 

Pour les élections municipales en Corse, le fait marquant est la poussée d’un nationalisme modéré qui a su créer une dynamique électorale. Issu du syndicalisme étudiant cette nouvelle génération  de militants entend « avoir accès aux responsabilités ». La question est de savoir pourquoi faire ? Si leur message d’ouverture est généreux est il suffisant ? Construire une coalition pour un projet commun nécessite du temps, des efforts et de l’imagination.

 

Pour les militants de notre coordination, un programme c’est une communauté d’idées nées de l’action. C’est aussi l’art d’articuler les perspectives à long terme et les urgences. La coordination va s’employer dans les prochains mois à donner du corps à ses analyses. Ses militants s’engagent dés les prochains jours à élaborer des textes en son sein et avec les réseaux et les organisations qui le souhaitent.

Par erasmo
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Vendredi 21 mars 2008 5 21 /03 /Mars /2008 21:10
réunion régionale de la coordination de la gauche alternative
Le samedi 29 mars à Corte
Ordre du jour :
analyse des municipales,
point sur la coordination régionale et nationale
Ou en est l'altermondialisme?
Contra focu
pour tout renseignement appeller 06.71.81.23.84
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Mercredi 5 décembre 2007 3 05 /12 /Déc /2007 22:52

Réunion Ajaccio le 10/11/2007 14h-17h Brasserie du capitole

(Le présent texte n’est pas vraiment un compte rendu mais plutôt un regroupement des idées abordées chacun est convié à le compléter-me transmettre les propositions helene.sanchez950@orange.fr et je transmettrais ensuite une version définitive à tous.)

 

L’objet de la réunion : quelle alternative politique en Corse ?

La discussion a été très dense et très riche. La présence des camarades de la gauche du Ps a contribué à la qualité de la réflexion.

 

Tous soulignent le marasme politique, l’autocratie de SARKOSY ; les peurs d’une confrontation sociale à la Thacher, l’absence de lisibilité des forces de transformation sociale…Le rejet de la démarche clandestine et violente d’une partie des nationalistes.

 

Notre réseau peut être un espace de liberté qui permet plus d’efficacité et de souplesse qu’un parti de type traditionnel. Chaque membre reste lui-même : il peut être « un électron libre » s’il le désire. Le réseau est un lieu d’échange, chacun s’appropriant les textes et les idées de l’autre pour s’enrichir (cf. textes mis sur le blog gauchealternativecorse). La double affiliation (avec un parti) est possible et même souhaitée, ces militants formant des passerelles. Car les partis demeurent des structures nécessaires, même si elles ne sont plus suffisantes. Pour la Corse, la dimension régionale du réseau est une bonne idée.

 

Notre difficulté est de convaincre qu’il y a une possibilité d’alternative économique, sociale, culturelle, démocratique.. Les valeurs portées par la gauche doivent être défendues et il faut se regrouper pour défendre ces valeurs. ? Mais comment défendre les valeurs de Gauche, si on ne les fait pas vivre au quotidien ?

 

La riposte à la politique de SARKOSY semble prendre forme avec les prochaines grèves (régimes spéciaux, fonctionnaires, étudiants….). Les  mouvements prévus ont-ils un avenir ? Les mobilisations sociales ne risquent elles pas de s’essouffler rapidement face à l’absence d’alternative politique par la gauche ? Ces conflits corporatistes ne sont-ils pas dérisoire face aux grands problèmes de la planète ou portent il en germe la résistance au néo-libéralisme financier représenté par la droite?

 

Que veut-on ? Prendre des responsabilités ou faire la révolution ?

Il faut une véritable alternative et non pas une alternance pour transformer (transformation plutôt que de s’enfermer dans le vieux clivage réforme-révolution ?), c’est à dire un changement radical. La mondialisation est un processus qui s’est construit depuis les années 70. Ce n’est pas un fait immuable, auquel on devrait se soumettre, comme cela est affirmé aujourd’hui par les néo-libéraux.

 

Les structures politique de gauche PC, PS ou des verts ne semblent pas être en capacité d’évoluer : au plan national, ce sont de véritables écuries ; au plan corse, il a de véritables dynasties qui bloquent tout et accaparent le pouvoir.

 

Quelle est notre capacité à lancer un mouvement civique pour une politique alternative ?

 

- Pour les municipales il est important de susciter une démarche citoyenne. Le clanisme est toujours mieux accepté chez l’autre, mais il est bien là partout. Les  municipales sont donc l’occasion de lancer une mobilisation alternative. Ainsi, sur la question des municipales, une réunion aura lieu prochainement à Bastia.

 

 

- Le PADDUC est également l’occasion de dénoncer avec les organisations environnementales le mode de développement imposé à la Corse. Il est proposé de susciter une réunion-débat sur le thème : Quel type de développement pour la Corse ?

 

- La question du commerce équitable (nord-sud ou nord-nord) avec des labels est une grande question qu’il nous faudrait aborder avec les associations qui travaillent sur la question.

 

 

Par erasmo - Publié dans : structures
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /Déc /2007 23:55
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QUELLE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE A BASTIA ? Les problématiques, les expériences, les enjeux...

REUNION-DEBAT LE JEUDI 06 DECEMBRE 2007 à BASTIA 18 h Maison des Associations rue sant angelo.

Par erasmo - Publié dans : évenements
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